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dimanche 21 août 2011

Mille morceaux-James FREY

J’avais dévoré et été si happée par son dernier livre, L.A Story, que j’ai décidé de lire son premier roman, qui l’a fait connaître et a fait scandale dans le monde littéraire américain. En effet, ce livre, sur les conseils du premier éditeur de James Frey, a été vendu comme étant autobiographique. Vu que Frey y décrit « sa » cure de désintoxication et son passé de toxicomane d’une manière plus que réaliste, on peut aisément imaginer que beaucoup se sont laissés berner et ont été déçus d’apprendre qu’ils avaient été trompés. James Frey a finalement dû démentir. Mais ça, c’est pour l’anecdote.

N’empêche qu’à la lecture de cette fausse autobiographie, on se dit que l’auteur paraît bien informé et qu’il a sans doute vécu de près qu’il raconte.

Le roman débute dans un avion : le « héros » ne sait ni comment ni pourquoi il est dans cet avion, ni pourquoi il a la mâchoire fracassée. Toujours est-il qu’il se retrouve dans un centre de désintoxication, et qu’il va y vivre des moments intenses, douloureux, mais aussi y faire des rencontres inoubliables.

J’avais adoré L.A Story ; et bien j’ai également adoré Mille morceaux ; c’est un roman extrêmement dur, hyperréaliste, avec notamment 2 scènes qui m’ont beaucoup marquée : une chez le dentiste qui lui arrache, à vif, une dent ; une autre, lorsqu’il s’arrache un ongle. Rien de glamour donc, mais ces scènes sont tellement bien décrites qu’on s’y croirait. Vous vous dites sans doute que lire de tels extraits n’a rien d’intéressant et pourtant quelle plume ! Je crois que c’est la première fois qu’un livre me procure autant de sensations physiques. Pas des plus agréables, je vous l’accorde mais quand même, je fus bluffée. Pour le reste, le style est bref, sans concession, on n’est pas là pour s’appesantir mais vivre au plus près des « convalescents » leur cure, avec ses moments d’amitié mais aussi et surtout, les périodes difficiles de manque, d’isolement, de rivalité et de désespoir.

Il existe une suite à ce roman exceptionnel, Mon ami Léonard, que je veux absolument lire.

En sept mots : je suis fan absolue de James Frey !

mardi 4 janvier 2011

Le coeur éclaté-Michel TREMBLAY


Il y a un peu plus d'un an, je vous présentais Le coeur découvert, premier volet de cette histoire d'amour entre deux hommes, dans les rues de Montreal.
Le coeur éclaté nous fait retrouver Jean-Marc, sans Mathieu, qui l'a quitté récemment. Une rupture étant généralement douloureuse, Jean-Marc a du mal à s'en remettre, et pense d'ailleurs qu'il ne s'en remettra pas. L'affection de ses voisines ne suffisant pas à faire passer ce chagrin d'amour, Jean-Marc prend la décision de partir quelques semaines à Key West. Il y logera chez un couple d'homosexuels fêtards qui vont tenter, souvent maladroitement, de lui remonter le moral.

On retrouve le même style que dans le premier volume, à peu près le même ton également mais un brin plus triste: c'est bien normal puisqu'on découvre un Jean-Marc au 36ème dessous, qui, en plus, prend l'avion pour Key West plein de culpabilité envers son ex petit ami qui se meurt à l'hôpital du sida.
Jean-Marc est vraiment un personnage attachant, pas toujours compréhensible mais que le lecteur souhaiterait voir heureux. Et il m'est avis qu'il le sera à nouveau, une fois qu'il aura accepté la fin de son histoire et pris une lourde décision.

Je suis donc pour le moment une inconditionnelle de Michel Tremblay: j'aime lire ce qu'il me raconte, la façon dont il le narre avec les expressions québécoises, sa pudeur qui ne l'empêche pas d'évoquer des sujets qui dérangent.

lundi 13 décembre 2010

D'autres vies que la mienne-Emmanuel CARRERE


C'est rare, très très rare même qu'un livre me fasse pleurer, mais là, je n'ai pu m'en empêcher. Certes, je suis sensible au talent d'écrivain d'Emmanuel Carrère mais aucun de ses autres ouvrages que j'ai lus ne m'avait fait autant d'effet.

Ce livre est autobiographique, il débute lors du tsunami, alors qu'Emmanuel Carrère et sa famille est en vacances en Asie avec un couple d'amis. Il vit donc la tragédie en direct et perdra des amis. Sa vie change, sa vision des choses également. D'autant plus que peu de temps après, il apprend que sa jeune soeur est atteinte d'une maladie incurable et décède rapidement.

Rien de réjouissant dans cet ouvrage magnifiquement bien écrit, tout en pudeur, pas larmoyant mais qui m'a énormément touchée, je ne saurais dire exactement pourquoi. Le talent d'Emmanuel Carrère qui, bien qu'il puisse paraître pédant (c'est ce qu'on lui a reproché avec son Roman russe) y est pour quelque chose;le sujet également. Et sans doute, la petite étincelle supplémentaire qui bouleverse, qui me bouleverse.

lundi 18 janvier 2010

L.A Story-James FREY


J'ai une dizaine de notes en retard mais je m'en fiche, je dois absolument vous parler de ce roman, de ce coup de coeur. C'est le seul roman de la rentrée littéraire qui m'a fait de l'oeil, que j'avais envie de lire: le sujet me plaisait et les quelques critiques que j'avais parcourues étaient dythirambiques. J'ai donc demandé à un copain de me le ramener de son séjour en métropole; parce qu'à Tahiti, il n'est pas dans les bacs...Et quel flair j'ai eu!
Je me suis plongée dans la lecture de ce bon gros pavé assez rapidement et si j'avais pu, j'aurais pris des congés pour ne pas en sortir avant la fin.
Pourtant je ne m'attendais pas à être happée comme je l'ai été.
Ce roman-document est fascinant, le genre d'opus qu'on n'a pas envie de lâcher mais qu'on a aussi envie de faire durer de peur de le finir. Evidemment, je l'ai terminé et un vide est entré dans ma vie, carrément! Que pouvais-je lire après CA? La dernière page tournée, je me suis sentie toute petite; heureusement, ce livre m'appartient, j'ai donc la possibilité de le relire si j'en ai envie (ce que je ne ferai sans doute pas de sitôt).

James Frey alterne un chapitre romancé, dans lequel il évoque un habitant de L.A, avec un autre, souvent court, parfois quelques lignes seulement portant sur l'histoire et l'évolution de la ville. Il a créé des personnages typiques de ceux que l'on peut rencontrer dans la Cité des Anges: une jeune Mexicaine ambitieuse, un couple d'acteurs célèbres mariés et amoureux en public, homosexuels en privés, un clochard à Venice, un jeune couple venu du fond des Etats-Unis, plein d'espoir mais qui va vite déchanter...
Aucun ne se croise mais tous sont emblématiques et réels.

Voilà: ce roman se dévore, il m'a prise aux tripes. Rien n'est oublié, ni les hommes, ni l'histoire, ni aucun aspect concernant la création et l'expansion plutôt démoniaque qu'angélique de cette cité tentaculaire qui attire et rejette à la fois.

Ma vision de Los Angeles s'est modifiée; j'y retournerai avec un autre regard, pas forcément plus positif mais peut-être davantage de curiosité.
Et du coup, je me suis offert un autre livre sur Los Angeles:



Vous l'aurez compris: il ne vous reste plus qu'à vous procurer ce chef-d'oeuvre (oui, pour moi c'en est un!)

mardi 29 septembre 2009

Le coeur découvert-Michel TREMBLAY



Dans les années 80, à Montréal, Jean-Marc, bientôt 40 ans est célibataire par dépit. Après une liaison catastrophique de plusieurs années, il s'est promis de ne plus se laisser avoir. Du moins c'est ce qu'il a dit à ses amies colocataires, avant de rencontrer le jeune et beau Mathieu.
A partir de cet instant, Jean-Marc et Mathieu vont hésiter à s'engager de peur de se rendre malheureux bien qu'ils sachent déjà qu'il leur est impossible de vivre l'un sans l'autre.

Ce résumé peut faire penser à un mélo, une histoire d'amour bien compliquée. Et bien c'est tout le contraire: ce roman retrace tout simplement les différentes étapes que tout nouveau couple peut ressentir: le doute, la peur, la passion, la jalousie, la confiance et finalement le bien-être et l'entrée dans une relation stable, mais pleine d'inconnues.

Quelle belle histoire: deux hommes qui s'aiment, qui s'apprivoisent, font des concessions, avouent leur amour. Et cette histoire est finalement banale, concerne les hommes, les femmes. C'est sans doute pour cette raison que je me suis retrouvée dans ce roman, moi qui suis hétérosexuelle. Mathieu et Jean-Marc sont craquants de gentillesse, de doutes, ont une dose d'amour à partager.

Pas la peine de faire plus long: j'ai adoré; l'histoire, les personnages, le style encore plus dépaysant pour nous Français puisque chez Michel Tremblay, on écrit en français du Québec.

mardi 25 août 2009

Voix endormies-Dulce CHACON


Nous sommes en Espagne, à la fin de la Guerre d'Espagne et au début de la Seconde guerre mondiale. Le régime franquiste débute et les opposants politiques n'ont pas tous été libérés, loin s'en faut. Parmi eux, on y trouve des hommes mais aussi des femmes: résistantes ou simplement épouses, mères ou soeurs de Républicains. Elles s'appellent Hortensia, Elvira ou Tomasa et se sont rencontrées en prison, à Ventas. Et ce sont les personnages principaux de ce roman extraordinaire.
Ventas est une prison connue pour ses conditions de détention déplorables et indignes. Alors ces femmes deviennent solidaires afin d'apaiser leurs souffrances: elles partagent leurs colis, leurs peines et leurs désespoirs, se soutiennent et parfois même, elles rient ensemble. Les années passent, la majorité sort de prison, certaines y sont mortes. Celles qui s'en sortent (re)prennent la voie de la sagesse, d'autres poursuivent l'action et retrouvent leurs hommes dans le maquis.

Ce livre est absolument bouleversant: c'est un vrai document historique, ou plutôt un roman basé sur des faits et personnes historiques. Certes, les personnages ont été créés par l'auteur (bien qu'elle se soit inspirée de femmes qui ont existé), ainsi que leurs histoires d'amour et familiales. Mais on peut aisément imaginer que des femmes ont vraiment vécu ces horreurs.
J'ai été happée du début à la fin par ces destins, envoûtée par la narration et les évènements.Un livre à lire absolument, qui traite d'une période finalement peu connue.

A noter que Dulce Chacon est décédée l'année où on lui a décerné l'équivalent du Goncourt espagnol; elle n'a donc pas profité du succès de ce livre.

lundi 10 août 2009

Cendrillon-Eric REINHARDT


Attention pavé très dense!
L'histoire commence avec un des 4 personnages principaux, Laurent Dahl, trader qui a fait fortune malhonnêtement. Il fuit, sans sa famille, pour échapper à la prison qui semble inévitable. Bien vite, 3 autres personnages apparaissent, se croisant dans le roman, jamais dans l'histoire: le collègue de Laurent Dahl, un détraqué qui a pété les plombs après que son père se soit suicidé sous ses yeux et Eric Reinhardt lui-même, qui explique la genèse de ce livre, de manière sans doute romancée.
Gravitent autour d'eux de nombreux seconds rôles.

Le premier chapitre débute donc avec la fuite de Dahl puis la pelote se déroule, lentement et magistralement.

Pour moi, Eric Reinhardt frôle le génie: en un seul livre, il traite d'à peu près tous les sujets: sexe, économie (je sais tout de la Bourse désormais!), art (Buren, Preljocaj), modes (les chaussures de Christian Louboutin qui fascinent Reinhardt)..., tout cela brillamment.
Avec une telle diversité de thèmes, tout lecteur est forcément intéressé, à un moment ou un autre, par ce roman.
Quant à moi, plus j'avançais dans ma lecture, plus j'étais subjuguée par tant d'audace, de connaissances et de talent.

A noter qu'en plus du talent, Reinhardt est un visionnaire puisqu'il raconte l'équivalent de l'affaire Kerviel avant l'heure, alors que des professionnels de la banque lui avaient certifié qu'une telle arnaque, se chiffrant en millions d'euros, serait improbable dans la vraie vie:loupé!

J'ai lu pas mal de critiques assez négatives sur Cendrillon, roman qualifié de narcissique par certains;certes, l'auteur s'expose, se met en scène, de façon avantageuse, mais il n'y a pas que ça dans ce roman, loin de là. J'ai préféré me concentrer, dans ces passages où il parle de lui, sur ses rencontres culturelles qui m'ont donné envie de pousser un peu plus loin mes connaissances.

lundi 18 mai 2009

Cloudstreet-Tim WINTON


Cloudstreet, c'est une grande maison, dont les Pickles ont hérité, à Perth sur la côté ouest de l'Australie. Les Pickles sont 5: le père qui dépense son salaire au tiercé, la mère aux nombreux amants et les 3 enfants, une fille et 2 deux garçons. La maison pouvant accueillir une autre famille, ce sont les Lamb qui emménagent: un couple avec les nombreux enfants dont un hadicapé suite à un bête accident.
Tout oppose ces familles qui, pourtant, pendant plus de 20 ans, vont cohabiter, sans see côtoyer: d'un côté les oisifs, de l'autre les travailleurs qui ouvrent une épicerie au rez-de-chaussée de la maison, gérée de main de maître par Oriel Lamb, la maîtresse-femme qui ne s'autorise aucun plaisir.

Pas facile pour aucune de ces familles de sortir de la misère et d'espérer un avenir radieux; n'empêche, les enfants y croient, un peu, et vont s'éloigner de Cloudstreet pour mieux y revenir.

Le personnage principal de ce roman, c'est la maison, Cloudstreet. Ses habitants forment un microcosme tantôt agréable, tantôt irritant. Ce qui est certain, c'est que vivre dans cette maison ne m'aurait pas plu! Trop abîmée, trop bruyante mais aussi humaine, qui connaît quelques joies et bien des peines.

N'empêche que même si y habiter je m'enchanterait guère, la lecture de ce roman, elle, m'a enchantée!J'envisage désormais de lire tout ce qui a été traduit de Tim Winton.

Pendant mes vacances en Tasmanie, j'ai lu dans le journal que ce roman va être adapté à la télé; j'aimerai beaucoup voir ce que ça pourrait donner.Espérons qu'il passera un jour en France, qui sait.

mercredi 11 mars 2009

My first Sony-Benny BARBASH



Ce roman, je l'ai lorgné pendant longtemps, attirée seulement par la couverture: ce graphisme, ces couleurs gaies me faisaient très envie. Le risque était que le contenu, c'est-à-dire le plus important, ne me plaise pas. Et puis, j'ai craqué et l'ai commandé. Bien m'en a pris, j'ai littéralement adoré.

Le narrateur est un petit garçon, à la fois naïf et intelligent. Il raconte la vie de sa famille, plutôt mouvementée: des parents qui se séparent, un frère et une soeur, des oncles et tantes, des grands-parents, tous en Israël;, certains sont Juifs pratiquants, d'autres non. Il ne se sépare jamais de son magnétophone Sony, acheté par son père grâce auquel il restitue tout ce qu'il entend.
Et ce qu'il entend, ce sont des témoignages historiques concernant ses aïeux, les disputes entre ses parents, la vie que mène son père, metteur en scène raté, avec sa maîtresse, les difficultés qu'a sa mère, architecte, à joindre les deux bouts...

Le ton est au début plutôt léger, ironique, voire cynique; puis, il devient plus grave, plus sérieux, on sent ce petit garçon bien seul avec son Sony. Il est très conscient que sa famille se délite et malgré tout, il demeure un enfant, avec ses mots d'enfant, ses pensées d'enfants, auxquels il mêle les propos parfaitement restitués des adultes.
On oscille donc entre légèreté, Histoire d'Israël et problèmes familiaux.

J'ai pris un énorme plaisir à lire ce gros roman, et pourtant il est plutôt difficile à lire avec ses phrases à rallonge, qui m'ont fait penser, par leur longueur, à du Proust; en fait, le narrateur ne s'arrête jamais, traitant dans une seule phrase de 2 pages, plusieurs sujets à la suite. Ce style peut sembler rébarbatif, moi, il m'a plu.

Un roman que je ne peux donc que vous conseiller.

Keisha a aimé.

dimanche 2 novembre 2008

Brooklyn Follies-Paul AUSTER


Je suis à 2 heures de partir à l'aéroport, les valises ne sont pas faites et j'ai terminé Brooklyn Follies cet après-midi. Ma note sera donc extra-courte et plus détaillée à mon retour de vacances.

Ce que je peux en dire: ce fut un coup de coeur! J'ai mis moins d'une semaine pour lire ces 363 pages, alors que j'ai des journées extrêmement chargées qui ne me permettent en ce moment, de ne lire, normalement qu'une vingtaine de pages par jou, un peu plus le week-end.
Ceci est le 3ème roman de Paul Auster que je lis et il arrive an deuxième position derrière Le Livre des illusions et avant Moon Palace.
J'ai aimé les personnages, Nathan, Tom, Lucy, Harry, les personnages secondaires, leurs questionnements, leurs petits ou grands malheurs mais aussi leurs bonheurs quotidiens.
J'ai aimé cette vie de quartier et l'intermède dans le Vermont.
J'ai aimé le fait que tout se termine bien alors que ce n'est pas mon genre d'aimer ce qui est tout rose.
J'ai aimé ces gens comme les autres qui se rassemblent pou former une grande famille.
J'ai aimé retrouver les allusions au cinéma, qui m'ont fait au Livre des illusions.
Voilà: J'AI AIME!et même plus.

Notez, que je suis dans les clous pour la publication de cette note, dans le cadre du Blogoclub de lecture de Sylire et Lisa. Et grâce à ce club, j'ai enfin pu lire ce roman qui m'attendait depuis deux ans dans ma bibliothèque.

lundi 18 août 2008

La malédiction Henderson-David Adams RICHARDS


Sydney Henderson commence mal dans la vie puisqu'enfant, il a poussé un copain du clocher de l'église du village. Le copain n'est pas mort mais à partir de ce moment, sa vie devient une longue succession de drames: alcoolisme, acharnement des autres contre lui. Le voilà victime à son tour de la malédiction qui pèse sur sa famille depuis une génération. Malgré cela, une jolie jeune fille tombe amoureuse de lui, il l'épouse; ils tentent de vivre heureux dans leur bicoque et ont deux enfants, puis trois. Et la malédiction se poursuit, jusqu'à la mort, la déchéance,la vengeance et une volonté farouche de s'en sortir...

Ce roman est horrible mais magnifique. Horrible car aucun espoir n'est permis, à aucun moment: toute la misère et la méchanceté humaines sont condensées dans ce livre. Tant d'injustice chez une famille qui survit malgré tout rend le tout parfois insoutenable et le lecteur bien impuissant. Mais la plume de Richards est franchement exceptionnelle, envoûtante même. Voilà pourquoi ce roman est aussi magnifique.

Je ne peux que vous conseiller très, très,très vivement de vous plonger dedans, à condition toutefois d'avoir le moral et d'être dans une phase optimiste.

Un véritable coup de coeur qui m'a secouée.

mardi 22 avril 2008

La cité des anges déchus-John BERENDT

Fin janvier 1996, c'est l'incendie de la Fenice, le célèbre théâtre vénitien. Pure coïncidence, c'est à cette période que John Berendt décide de venir passer quelques mois dans la Cité des Doges.
Ces mois passés sur place vont être l'occasion pour Berendt (journaliste et auteur du livre Minuit dans le jardin du bien et du mal, adapté au cinéma)de côtoyer les Vénitiens: les "vrais", issus de familles nobles, de doges, de verriers et les Vénitiens d'adoption, anglophones pour la plupart. Il va sentir Venise, la découvrir sans les touristes et suivre de près l'enquête de l'incendie: accident? incendie volontaire? si oui, qui en est à l'origine: la Mafia? des électriciens qui travaillaient à la rénovation?

J'ai lu lentement ce livre, car il est relativement épais mais surtout très dense, sans être non plus difficile à lire. J'ai été passionnée, moi qui n'ai jamais mis les pieds à Venise. J'avais envie de découvrir cette ville unique, maintenant j'en ai très envie!
Berendt nous plonge dans les méandres de cette cité, évoquant la mentalité particulière des Vénitiens, faisant de nombreuses références à l'art et l'histoire de la ville.
Un livre passionnant, à condition d'être intéressé par Venise et l'histoire de l'art. Sinon je doute qu'il puisse passionner le lecteur.

mardi 15 avril 2008

L'infortunée-Wesley STACE



Nous voici à Londres, en 1820. Un nouveau-né abandonné dans une décharge est recueilli par lord Loveall, un des hommes les plus riches d'Angleterre. Voilà la vie de la petite Rose sauvée: elle qui était destinée à mourir au milieu des poubelles est, du jour au lendemain, élevée comme une princesse et choyée par son père adoptif.
Il y a seulement un petit problème: Rose n'est pas une fille...

Les lecteurs qui aiment Sarah Waters, et même Jane Austen et tous ces romans de l'époque victorienne aimeront forcément L'infortunée. J'ai retrouvé le style de Du bout des doigts de Sarah Waters et l'histoire m'a beaucoup fait penser à Middlesex de Jeffrey Eugenides.
C'est Rose elle-même qui raconte son histoire, pour comprendre, exorciser et savoir qui elle/il est au final.

C'est un roman épais, dense car les personnages y sont nombreux, les rebondissements également; en effet, on suit Rose de son enfance à sa vie d'adulte, dans les découvertes de son corps, de son identité, dans ses errances qui l'aideront à se construire.

J'ai énormément aimé ce roman que j'ai quitté presque à regret. Mais j'ai noté le dernier roman de Wesley Stace, Garçon, dans ma liste de livres à acheter!

lundi 7 avril 2008

Allumer le chat-Barbara CONSTANTINE


Une note rapide sur ce roman que beaucoup de bloggeurs ont lu avant moi.
L'action (car oui, il y a de l'action!) se passe dans la campagne profonde chez les gens rustres mais sympathiques. Dans ce livre relativement court, on a quand même des meurtres, un cambriolage, un mariage, des recettes de cuisine, une disparition volontaire maquillée en suicide, des séparations, un voyage aux Etats-Unis, un couple lesbien, un père biologique qui en fait est un père adoptif, un accident-suicide...Bref, des rebondissements à toutes les pages!

Les chapitres sont très courts et narrent une tranche de vie d'un des protagonistes (qui sont en fait des habitants d'un même village); les titres de ces chapitres sont explicites, bien trouvés et pleins d'humour, comme le reste du roman.

Ce roman est truculent et moi qui pensais qu'il serait trop vulgaire, je me suis laissée prendre au jeu. Car il n'y a pas de vulgarité même si le vocabulaire utilisé est parfois direct et peu littéraire; mais Barbara Constantine a écrit comme ses personnages parlent, à la rustre. Mais sous ces airs familiers, on sent le talent d'un vrai écrivain.
J'ai donc passé un excellent moment et il y a de grandes chances pour que je me l'achète (en poche si un jour il sort dans ce format), car c'est Chatperlipopette et Le Bibliomane qui m'ont prêté ce roman qu'ils ont beaucoup aimé.

On retrouve des critiques, souvent positives mais pas toujours chez Biblioblog, Papillon,InColdBlog, Clarabel, Gachucha, Cunéipage

S'il y a des oubliés, faites-moi signe.

lundi 14 janvier 2008

Les disparus-Daniel MENDELSOHN


Je dois vous parler d'un livre qui m'a bouleversée, dont j'ai rêvé plusieurs fois et qui va me poursuivre très longtemps j'en suis certaine. Forcément, la tâche se révèle difficile mais je vais essayer.

Daniel Mendelsohn est journaliste, Américain d'origine juive polonaise. Ses parents ne l'ont pas élevé religieusement mais son grand-père maternel qu'il adorait, lui, était très pratiquant. Très tôt, ce grand-père lui a parlé de sa famille, notamment de son frère Schmiel, resté à Bolechow, la ville d'où viennent les Jäger. La plupart a émigré aux Etats-Unis, échappant ainsi aux massacres de la Guerre. Mais Schmiel, lui, a choisi, dans les années 20, de retourner à Bolechow, après avoir vécu quelque temps en Amérique. Il s'est marié, a eu 4 filles, très jolies dit-on et a connu l'enfer. Il a écrit, souvent, aux membres de sa famille pour que celle-ci fasse le nécessaire pour le sauver, lui et sa famille, pourtant, ils sont tous morts.
Daniel Mendelsohn a été, très jeune, obsédé par la vie et la mort de Schmiel Jäger et ses femmes, car personne ne voulait parler d'eux et de toute façon, personne ne savait ce qu'ils étaient devenus, s'ils étaient avaient tués ou s'ils en avaient réchappé.

L'auteur, pendant environ 30 ans, a accumulé les documents concernant les Jäger de Bolechow, cherchant à comprendre, à les connaître afin qu'ils ne soient pas oubliés. Il a accumulé les documents mais a aussi énormément voyagé, des Etats-Unis en Australie, d'Israël en Scandinavie, glanant des témoignages d'anciens habitants juifs de Bolechow, quelques-uns des 48 rescapés.
En parallèle,il nous parle de sa lecture de l'Ancien Testament et des diverses explications: Adam et Eve, Abel et Caïn, Abraham...

Au final,on se retrouve avec un pavé de plus de 640 pages dans les mains, passionnant, éprouvant, captivant, qu'on n'a pas envie de lâcher mais qu'en même temps, on lit lentement pour tout intégrer. J'ai mis près d'un mois à lire ce livre, avec une pause de 10 jours pour cause de vacances où il m'était impossible d'emmener cet énorme ouvrage. J'ai eu un peu de mal à me remettre dans l'histoire, à retrouver Mendelsohn et son enquête mais, rapidement, j'ai à nouveau plongé. D'autant que le style, sans être lourd, n'est pas très fluide, avec des phrases à la Proust d'une demi-page, des digressions fréquentes. Mais cela ne m'a en rien dérangée.
La seconde Guerre mondiale et la Shoah y sont abordées de façon très personnelle puisque Mendelsohn est directement concerné, bien qu'il n'ait jamais connu Schmiel.Il nous livre toutes ses interrogations, ses pensées, ses remarques, comme s'il écrivait davantage pour lui que pour le lecteur.

Mendelsohn a fait un travail absolument remarquable, tant au niveau des recherches que de l'écriture. Et grâce à ce magnifique document, il a permis à 6 des membres de sa famille de ne pas être oubliés et au contraire, d'être honorés.

Une oeuvre magistrale que je n'oublierai pas de sitôt.

Moustafette, Chatperlipopette et Le Bibliomane l'ont déjà lu.

lundi 17 décembre 2007

Le rapport de Brodeck-Philippe CLAUDEL

Brodeck est chargé d'écrire un rapport détaillé des faits inavouables qui se sont déroulés dans son village. Il n'a rien fait, n'y a pas assisté mais doit recueillir les témoignages des hommes qui y étaient, les compiler et raconter, tout en édulcolorant. En parallèle de ce rapport formel et administratif, Brodeck écrit pour lui, pour nous, la vérité. Comment l'Anderer (l'Etranger) est arrivé dans leur village, pourquoi il est resté à l'écart, mais aussi ce qu'a vécu Brodeck dans les camps,qu'on devine de concentration, comment il est revenu dans son village auprès de sa femme bien-aimée mais traumatisée.

Voilà, je n'en dirai pas plus pour plusieurs raisons:
1. De nombreux bloggeurs ont déjà chroniqué ce roman et on en a beaucoup entendu parler;
2.Je ne voudrais pas vous en dévoiler trop au cas où vous n'auriez pas lu ni les critiques ni le roman;
3.Je ne sais pas faire, je manque de mots.

N'étant absolument pas objective en ce qui concerne Philippe Claudel, je vais faire bref: j'ai encore aimé, non adoré, ce roman. Pour qui a lu Les âmes grises,on retrouve la même ambiance, noire, sordide, donnant une image bien négative de l'humanité (mais je suis moi aussi de plus en plus sévère vis-à-vis des Hommes)avec tout de même, une fin qui laisse espérer des jours meilleurs pour Brodeck et sa famille.
J'aime cet univers, j'aime l'écriture de Philippe Claudel et je suis sensible aussi au fait qu'il soit Lorrain et habite dans une région que je connais bien; c'est bête mais c'est comme ça.
Bien sûr, ce roman est à éviter en cas de baisse de moral car il ne va pas vous le remonter; n'empêche que c'est beau.

Ca faisait longtemps que je n'avais pas écrit une note aussi peu satisfaisante, c'est parce que je suis "bloquée", rien ne me vient; et aussi parce que j'ai quelques notes en retard (de l'ordre de 6 ou 7 quand même!)que j'aimerais bien écrire avant de partir en vacances.On a le droit de rêver...

Des avis souvent plus détaillés chez Essel, Tamara, Le Bibliomane, Chatperlipopette, Clochette, Gambadou, Bellesahi, et qui d'autre encore?

lundi 29 octobre 2007

Train de nuit pour Lisbonne-Pascal MERCIER

C'est décidé, après une bonne semaine à reporter cette note, je m'y attèle! C'est la première fois depuis que je tiens mon blog qu'il m'est particulièrement difficile de parler d'un livre. Apparemment, je ne suis pas la seule car Chatperlipopette a elle aussi du mal à trouver les mots.Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir aimé ce roman, bien au contraire; c'est seulement qu'il est si dense et si proche du lecteur que le raconter en quelques lignes me semble être un véritable challenge.
Allez, je me lance quand même!

Le roman débute à Berne, en Suisse, où nous faisons la connaissance de Raimund Gregorius, quinquagénaire et professeur de langues mortes à la vie solitaire et bien huilée. Mais justement, cette routine va soudainement être rompue après la découverte d'un livre autobiographique d'un poète portugais, Amadeu de Prado. Et là, sur un coup de tête, Gregorius quitte Berne, son emploi et sa vie poussiéreuse, direction Lisbonne, en train, afin de retrouver les traces de cet écrivain inconnu qui le fascine tant. Il apprend peu à peu que Prado est décédé, que c'était un éminent médecin extrêmement charismatique, à la vie et aux pensées tourmentées, s'interrogeant sans cesse sur la perception que les autres avaient de lui. Et aussi qu'il a résisté à la dictature de Salazar.
Le lecteur se prend alors de la même passion que Gregorius et savoure. Car oui, j'ai savouré, lu lentement, relu certains passages afin de m'imprégner au mieux des extraits du livre de Prado et du cheminement de Gregorius qui va véritablement cerner la personnalité de son "idole".

Quelle lecture!! J'ai été véritablement fascinée, par le talent de Pascal Mercier d'une part: comment est-il possible d'écrire aussi bien? Et de philosopher (car Mercier est philosophe)sur la vie, comment nous voient les autres, l'âme, la religion...sans utiliser des phrases imbuvables? Fascinée, d'autre part, par Gregorius et sa quête qui le mène à rencontrer des inconnus lui parlant d'un inconnu. Quête à la fois incompréhensible et passionnante, qui modifie le cours de la vie d'un homme ennuyeux qui s'ouvrira au monde, uniquement par la grâce d'un livre.

Je ne peux donc que trop vous conseiller de lire ce roman; ça tombe bien, il sort en version poche (10/18 je crois) en début d'année prochaine. Quant à moi, je vais devoir rendre l'exemplaire qu'on m'a prêté mais je pense me l'offrir car c'est véritablement un livre que l'on lit et relit, par bribes ou en entier pour à nouveau se pourlécher de cette plume incomparable et se questionner sur soi.

Je pourrais continuer encore et encore mais non, j'insisterai simplement sur un point: LISEZ-LE!

mardi 4 septembre 2007

Nos voisins du dessous-Bill BRYSON


Déjà lu en avril 2006 quelques mois après mon premier voyage en Australie, je l'ai à nouveau dévoré à la fin de mon second séjour australien. Mon cher et tendre l’ayant lu deux fois également, le live est dans un état indescriptible, tout scotché et avec les pages cornées.
Et la seconde lecture fut encore plus savoureuse que la première car j’ai quelques points communs avec Bill Bryson : non pas son physique (ouf pour moi!), ni son talent de narrateur (tant pis pour moi) mais son amour pour l’Australie, pays fascinant et sa façon de voyager, à savoir : en voiture, à s’arrêter dès que quelque chose nous intéresse. Du coup, j’ai reconnu pas mal d’endroits qu’il évoquait et où je suis allée : Big Lobster (le Grand Homard en résine), le parc animalier avec le musée du ver de terre géant, Broken Hill et Silverton en plein désert…
Je sais que des lecteurs ont peu apprécié cette lecture car ils l’ont trouvée ennuyeuse, ce que je peux comprendre : pour aimer, il faut soit connaître un peu l’Australie, soit au moins l’aimer et avoir très envie de la découvrir. Parce que Bill Bryson détaille pas mal ce qu’il visite, évoque l’histoire de l’Australie, parle géographie et géologie. Alors forcément, ça n’intéresse pas tout le monde.


Moi si, j’adore : je revis mes voyages, apprends et ris beaucoup !