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lundi 9 mai 2011

La vie des saints de la Cité-Lidia AMEJKO


Bienvenue à la Cité!
Non pas la Cité qui craint mais celle où les habitants sont des Saints. Ce sont certes de drôles de Saints mais quand même: alcooliques, solitaires, grandes gueules, rêveurs...mais tous désirent le bien de leur quartier, de leur Cité et de ses habitants, parfois maladroitement mais toujours sincèrement.
Le livre est découpé et de nombreux courts chapitres, chacun évoquant un des personnages, donc un des Saints.On rencontre par exemple Saint Dormidor chiffreur de rêves,Saint Haïdegger bienfaiteur des mots sans toit...
Cela vous donne une idée des énergumènes.
Lidia Amejko, femme de théâtre, est bourrée d'imagination et de poésie. Elle met de la fantaisie dans ses propos, mais ne se gêne pas non plus pour interroger le lecteur sur des questions philosophiques comme la religion, la vie, la mort, l'amour, leurs contradictions et leurs absurdités.
Ce fut pour moi un moment de lecture jubilatoire; j'ai même très envie de relire ce petit recueil de saints!

mardi 16 septembre 2008

Les Neiges bleues-Piotr BEDNARSKI



Ce livre est un roman certes mais inspiré de la vie de l'auteur.
Le narrateur est un petit garçon polonais, envoyé avec ses parents dans un camp de prisonniers en Sibérie, pendant la Seconde guerre Mondiale. Son père a été transféré dans un camp de travail, où il mourra quelque temps plus tard. Il vit avec sa mère, une beauté qui fait tourner la tête de tous les hommes et sa tante.Malgré ce déracinement et les humiliations quotidiennes, il réussit à vivre une vie d'enfant, avec les jeux, l'école et les copains, les bons moments de l'enfance étant entrecoupés par des annonces de décès quasi-quotidiennes. Ce petit garçon perdra tout et tout le monde, même sa mère.

Piotr Bednarski a vécu cela et a perdu toute sa famille en Sibérie; malgré tout il a survécu et écrit ce magnifique petit livre, constitué de courts chapitres, sortes de nouvelles chronologiques contant sa vie, son enfer dans le camp.
On n'est, à aucun moment dans le larmoyant, ni le pathos car l'auteur a utilisé des mots d'enfant ou plutôt, s'est remémoré cette période avec ses yeux d'enfant, ce qui a permis d'enjoliver l'horreur. On lit donc des anecdotes tantôt touchantes, tantôt presque drôles, anodines ou pas mais qui retracent la réalité.
Difficile de faire la part des choses entre les histoires vécues ou imaginées (l'histoire du pull marin par exemple); ce qui est certain, c'est que le pire, il l'a vécu et que rien que pour rendre hommage aux victimes des camps de Sibérie, il faut lire ce livre.