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lundi 8 décembre 2008

La fourrure de la truite-Paul NIZON


J'adore la couverture, et j'aurais tout à fait été capable d'acheter ce roman, uniquement pour cette couverture.
Mais j'aurais été assez déçue.Donc merci à la personne qui me l'a prêté: j'ai pu élargir mes connaissances livresques sans rien dépenser.

Stolp est seul ans Paris, vit dans l'appartement de sa tante subitement décédée pendant des vacances. Il étouffe dans ce logement, trop exigu et rempli de meubles et de manteaux de fourrures. Alors Stolp sort: au Bar du football où il rencontre Carmen, au magasin de fournitures de bureau tenu par une amie de sa tante, à La bonne table, chez le couple homosexuels de la laverie...
Et il se pose des questions: pourquoi ma femme m'a quitté? Ou plutôt, pourquoi ai-je été si odieux avec elle? pour ai-je agi ainsi avec Carmen? pourquoi les gens qui s'aiment s'appellent-ils mon pigeon? pourquoi pas "mon hirondelle"?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi?

Et moi je lui réponds: pourquoi m'a-t-il ennuyée avec ses questions sans queue ni tête?
J'ai adhéré à plus de la moitié du roman, car, même si Stolp est plutôt antipathique, qu'on n'a pas envie de le plaindre mais plutôt de le secouer, on le ent désemparé et pas du tout à sa place dans cet appartement et ce quartier de Paris. C'est une espèce de personnage asocial qui semble en souffrir.
Mais, un peu avant la 100ème page, Stolp a commencé à m'exaspérer avec ces questionnements qui tournent en rond, auxquels il n'amène pas de réponse et qui ne tournent qu'autour de sa petite personne.
Alors d'accord, il trouve une issue, que je n'approuve pas mais bon, ce personnage égoiste m'a dépassée, je l'avoue.

A noter que la traduction est de Diane Meur, auteur dont on a beaucoup parlé ces deriers temps sur les blogs et ailleurs, et que je vais bientôt lire (enfin, en 2009!)

samedi 12 janvier 2008

Comment va la douleur?-Pascal GARNIER

Simon veut mourir, car après une vie professionnelle mouvementée de tueur à gages, il pense que la retraite ne lui sied pas. Le roman débute par son suicide qu'il a soigneusement orchestré, avec son "assistant", Bernard, un jeune homme un peu(beaucoup) naïf qu'il a rencontré par hasard dans une station thermale.

Le lecteur est immédiatement plongé dans une ambiance apparemment glauque mais il n'en est rien! Car il en sait rapidement davantage sur la manière dont ces deux protagonistes se sont connus et rapprochés et se retrouve parmi des personnages pour le moins hors du commun. Ainsi débute une espèce de road-movie entre une petite ville d'eaux et le Sud de la France. En chemin, Bernard et Simon prennent en stop une jeune femme et son bébé, se retrouvant à quatre larrons malmenés par la vie.

Au final, j'ai passé un très agréable moment avec tous ces personnages, tout en me félicitant qu'ils ne soient pas mes amis parce quand même, ils sont très spéciaux! J'ai eu une tendresse toute particulière pour un second rôle: celui de la mère de Bernard, sa "môman" adorée qui se saoûle à coups de Négrita.
C'est un roman à la fois drôle et ironique mais aussi plein de tendresse, sans méchanceté aucune; au contraire Pascal Garnier s'est visiblement pris d'amitié pour ses 5 personnages et a tenu à nous les faire aimer. C'est plutôt bien réussi.

L'ont lu avant moi: Chatperlipopette,Le Bibliomane,Cunéipage.

lundi 29 octobre 2007

Train de nuit pour Lisbonne-Pascal MERCIER

C'est décidé, après une bonne semaine à reporter cette note, je m'y attèle! C'est la première fois depuis que je tiens mon blog qu'il m'est particulièrement difficile de parler d'un livre. Apparemment, je ne suis pas la seule car Chatperlipopette a elle aussi du mal à trouver les mots.Et pourtant ce n'est pas faute d'avoir aimé ce roman, bien au contraire; c'est seulement qu'il est si dense et si proche du lecteur que le raconter en quelques lignes me semble être un véritable challenge.
Allez, je me lance quand même!

Le roman débute à Berne, en Suisse, où nous faisons la connaissance de Raimund Gregorius, quinquagénaire et professeur de langues mortes à la vie solitaire et bien huilée. Mais justement, cette routine va soudainement être rompue après la découverte d'un livre autobiographique d'un poète portugais, Amadeu de Prado. Et là, sur un coup de tête, Gregorius quitte Berne, son emploi et sa vie poussiéreuse, direction Lisbonne, en train, afin de retrouver les traces de cet écrivain inconnu qui le fascine tant. Il apprend peu à peu que Prado est décédé, que c'était un éminent médecin extrêmement charismatique, à la vie et aux pensées tourmentées, s'interrogeant sans cesse sur la perception que les autres avaient de lui. Et aussi qu'il a résisté à la dictature de Salazar.
Le lecteur se prend alors de la même passion que Gregorius et savoure. Car oui, j'ai savouré, lu lentement, relu certains passages afin de m'imprégner au mieux des extraits du livre de Prado et du cheminement de Gregorius qui va véritablement cerner la personnalité de son "idole".

Quelle lecture!! J'ai été véritablement fascinée, par le talent de Pascal Mercier d'une part: comment est-il possible d'écrire aussi bien? Et de philosopher (car Mercier est philosophe)sur la vie, comment nous voient les autres, l'âme, la religion...sans utiliser des phrases imbuvables? Fascinée, d'autre part, par Gregorius et sa quête qui le mène à rencontrer des inconnus lui parlant d'un inconnu. Quête à la fois incompréhensible et passionnante, qui modifie le cours de la vie d'un homme ennuyeux qui s'ouvrira au monde, uniquement par la grâce d'un livre.

Je ne peux donc que trop vous conseiller de lire ce roman; ça tombe bien, il sort en version poche (10/18 je crois) en début d'année prochaine. Quant à moi, je vais devoir rendre l'exemplaire qu'on m'a prêté mais je pense me l'offrir car c'est véritablement un livre que l'on lit et relit, par bribes ou en entier pour à nouveau se pourlécher de cette plume incomparable et se questionner sur soi.

Je pourrais continuer encore et encore mais non, j'insisterai simplement sur un point: LISEZ-LE!