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mardi 2 avril 2013

L'hypnose aujourd'hui-Jean-Marc BENHAIEM

L'hypnose, on en parle beaucoup mais elle reste assez méconnue, est beaucoup fantasmée en même temps qu'elle éveille les soupçons, sans doute par méconnaissance. Ce livre m'a donc intéressée, car je souhaitais en savoir un peu plus sur ce qu'est l'hypnose, par curiosité mais aussi par intérêt professionnel.

Le livre est complet, puisqu'il présente l'hypnose: d'où elle vient, quels sont ses liens avec la psychanalyse, ses principes fondateurs et ses grands noms. Evidemment, différentes techniques sont évoquées ainsi que, surtout les indications d"hypnose: quand et avec qui elle est utilisée.

C'est un ouvrage que l'on lit lentement, pour en saisir au mieux les tenants et aboutissants, car il n'est pas toujours aisé à appréhender. Mais c'est aussi un ouvrage que l'on peut rouvrir pour en (re)lire un chapitre, une notion mal saisie ou encore parce qu'un article ou un sujet de conversation nous amène à vérifier une information.

Un livre qui m'a appris pas mal de choses et que je recommande, à condition bien sûr d'avoir l'esprit un peu ouvert et d'être curieux.

Merci à l'éditeur et Babelio-Masse Critique.

lundi 17 décembre 2012

Cranach, peindre la grâce-Anne MALHERBE


Lucas Cranach, peintre allemand de la fin XVème et début XVIème fut un des grands artistes de cette période. Ami de Luther, il fut peintre de la Réforme mais aussi, paradoxalement de l'Eglise catholique. La raison: il fallait gagner sa vie et donc contenter tout le monde. Parallèlement, Cranach a créé son atelier et fait des oeuvre gravées, peint des portraits, des scènes bibliques. Il a développé un style très personnel et reconnaissable: ses femmes nues et sensuelles, leurs coiffures, ses transparences
Ce fut un vrai maître de la Renaissance allemande, dont l'atelier a perduré grâce à son fils, Lucas Cranach le Jeune; ses peintures et gravures sont maintenant exposées dans les plus grands musées du monde.

Cette collection A propos est très intéressante: un format agréable, du papier glacé, des aspects biographiques de l'artiste mais aussi des éléments historiques et des analyses d'oeuvres.
Ce petit livre m'a donc permis de connaître Cranach pour de bon et si je le souhaite, je pourrai approfondir mes nouvelles connaissances grâce à la petite bibliographie en fin d'ouvrage.

Merci donc à Babelio-Masse Critique et aux éditions A propos pour cette lecture rapide mais pas légère.

lundi 20 août 2012

Ida Rubinstein, le roman d'une vie d'artiste-Donald F. FRIEDMAN


Ida Rubinstein, le roman d'une vie d'artiste est la biographie d'une femme née dans l'aristocratie russe à la fin du XIXème siècle et qui a choisi de vivre comme elle l'entendait, en tant que danseuse et qui  a fini ses jours dans un monastère. Ida Rubinstein était une femme moderne, libre et qui a sans doute participé à l'amélioration de la condition de la femme. Certes, son choix de vie était totalement hors norme pour l'époque ainsi que sa grande fortune lui ont permis de s'affranchir des obligations de son rang et de son époque. N'empêche qu'elle a refusé d'entrer dans le moule comme l'a fait sa soeur avec qui elle s'est rapidement brouillée. Son physique exceptionnel (grande et mince) l'a également aidée, ainsi que sa vive intelligence.
Ce personnage, dont je n'avais pas entendu parler auparavant, m'inspirait et j'avais vraiment envie de connaître et comprendre cette femme, en plus de l'admirer. Malheureusement, cette biographie, sans doute bien romancée, ne me l'a pas complètement permis.
En effet, le style est extrêmement lourd, poétique pour certains, pas pour moi. Les figures de style sont innombrables, les "délires" métaphoriques également. Cela ne me convient pas, d'autant plus quand je lis une biographie qui, selon moi, doit s'avérer précise et sans fioritures. L'auteur passe sur certains aspects alors que j'aurais aimé qu'il insiste dessus alors qu'il fut particulièrement exhaustif sur d'autres points. Par exemple, il passe rapidement sur la rencontre d'Ida avec les Ballets russes et Ravel, encore plus sur le fait qu'elle pilote elle-même son propre avion (je vous rappelle tout de même que nous sommes au sortir de la 1ère guerre mondiale et qu'une femme pilote était plus qu'exceptionnel: j'aurais aimé lire plus de deux lignes là-dessus!); en revanche, Friedmann a pris soin de décrire dans le moindre détail le déroulement des principaux spectacles d'Ida (ses tenus, ses mouvements...) de façon assez mélodramatique. J'avoue, je n'ai que survolé ces passages qui, à mon sens, n'apportent rien au lecteur.

Bref, une déception car ce n'est pas une biographie telle que je me l'imaginais mais aussi une ouverture vers d'autres perspectives car j'ai découvert cette femme hors-norme qu'était Ida Rubinstein et quelques recherches me permettront d'en savoir davantage sur elle, de la manière qui me plaît.

En tout cas, merci encore à Babelio-Masse Critique dont je profite allègrement, ainsi qu'à la maison d'éditions (Salvatore).

tous les livres sur Babelio.com

mardi 29 mai 2012

The Corner-David SIMONS et Ed BURNS


Ce livre n'est pas un roman mais bien un document, sur les bas-fonds de Baltimore, ville qui compte une importante proportion de laissés-pour-compte et de drogués, essentiellement des Noirs, en tout cas c'est qui ressort de cet ouvrage hyper détaillé.

Ce docu-reportage est constitué d'une part de la description de journées dans Fayette Street: dealer, chercher sa dose quotidienne, éviter la police, trouver de l'argent pour se payer sa dose...Une vie pathétique, sans intérêt et pourtant, la vie de dizaines de milliers de personnes à Baltimore.
D'autre part, on trouve un travail plus journalistique dans lequel sont exposées les causes de ces dérives, la descente aux enfers de toutes ces personnes et du quartier tout entier.

C'est très instructif, à la fois polar et journalisme, bien écrit. Certes, quelques dizaines de pages en moins n'auraient pas dérangé et les premières pages m'ont paru hésitantes puisque je ne savais pas trop où j'allais. Mais une fois entrée dans l'histoire, et après avoir fait connaissance avec les différents protagonistes, j'ai lu l'ensemble assez rapidement.

Un bon livre donc, intéressant, qui me donne envie de lire la suite, à savoir "The Corner- été-automne" et de regardé la série The Wire (Sur écoute). Quelqu'un l'a-t-il vue?

samedi 14 janvier 2012

Le festival de la couille-Chuck PALAHNUK




On commence bien l'année avec un livre lu début 2011, au titre provocateur mais dont le contenu n'est pas si olé-olé que ça.
Avec un nom pareil, on peut se demander ce qu’on va pouvoir trouver dans ce livre, d’autant que la quatrième de couverture n’est pas très explicite, et c’est tant mieux.
En fait, ce livre est un recueil de chroniques et interviews ; Chuck Palahnuk y retrace certains de ses reportages dans l’Amérique profonde aux idées pour le moins originales. Quant aux interviews, on y rencontre entre autres Marylin Manson puis, dans une dernière partie de livre, l’auteur s’y dévoile, évoquant notamment la mort de ses parents, plus précisément celle, violente de sa mère.
Revenons aux chroniques : figurez-vous que le festival de la couille existe réellement ! Tout comme le concours de combats de moissonneuses-batteuses ou encore les castings d’écrivains dans des hôtels ou les combats de catchs. Palahnuk utilise un langage assez cru et direct mais sans porter aucun jugement. Au contraire, il essaie visiblement de comprendre les hommes et les quelques femmes dont il parle, il tente de saisir leurs motivations. Et généralement, j’ai réussi à faire comme l’auteur, c’est-à-dire à ne pas porter de jugement, en tout cas, pas trop sévère, car finalement, la plupart des protagonistes du livre sont des personnes normales, comme vous et moi (sauf peut-être ceux qui assistent au festival de la couille, faut pas pousser !).
L’ensemble est tout à la fois édifiant, passionnant, consternant, pathétique, drôle, tendre et parfaitement décrit.

lundi 17 octobre 2011

Les naufragés des Auckland-F.E.RAYNAL

Janvier 1865. Un bateau s'échoue sur l'île des Auckland au sud de la Nouvelle-Zélande. Les cinq hommes à bord en réchappent mais il va leur falloir s'organiser et survivre en attendant un hypothétique sauvetage. Et celui-ci aura lieu 21 mois plus tard. Entre temps, les naufragés ont construit une maison, chassé le lion de mer, tanné des peaux, puis finalement, amélioré leur canot pour espérer rallier la Nouvelle-Zélande puisqu'aucun bateau n'est venu les chercher. Et donc, près de deux ans après avoir échoué sur une île au rude climat, trois des cinq rescapés prennent le large, ralliant l'île Stewart au sud de la Nouvelle-Zélande. Les voilà enfin sauvés, et les deux hommes restés aux Auckland seront à leur tour retrouvés quelques mois après.
Tout est bien qui finit bien mais cette aventure forcée restera marquée à jamais dans l'esprit de ces marins.

Il est bon de préciser que ce livre n'est pas un roman mais bien un document, plus précisément, le récit d'un des naufragés, écrit en 1870. Celui-ci est rédigé dans un style simple, et il se lit donc facilement. Seuls quelques passages concernant l'état de la mer ou les bateaux peuvent s'avérer fastidieux mais ils sont courts. Le reste est vraiment très intéressant, parfois passionnant.
C'est une belle leçon de vie, une leçon de courage également. Je me suis posé la question de savoir si je serais capable de survivre dans de telles conditions; je crois que oui, parce que je n'aurais pas le choix. Mais sans doute pas aussi longtemps. D'ailleurs, Raynal apprendra quelque temps après, qu'un autre bateau s'était échoué, en même temps, sur l'île mais au nord. Et la plupart sont morts: noyés, de faim, de faiblesse.

Merci à Babelio et aux éditions de la table ronde grâce à qui j'ai pu découvrir ce témoignage hors du commun.

lundi 4 juillet 2011

Dora Maar, prisonnière du regard-Alicia DIJOVNE-ORTIZ



Voyage dans l'art à nouveau, après L'Intranquille. Ici, c'est la biographie de Dora Maar, une des maîtresse de Picasso.

Dora Maar était une femme très intelligente, indépendante, cultivée et qui travaillait puisqu'elle était photographe et peintre.
Mais tout cela s'est peu à peu éteint, au fur et à mesure que sa relation houleuse et passionnelle avec Picasso avançait. En effet,celui-ci joue avec elle, comme un chat avec une souris, et éprouve un malin plaisir à la faire souffrir, la dénigrer, la rabaisser. Dora Maar n'est pourtant pas parvenue à quitter le génie. Et de photographe prometteuse, dans la lignée de Man Ray, elle va finir "folle", recluse chez elle, à peindre des paysages sans grand intérêt, alors qu'elle possédait un réel talent artistique.

Ce récit est très intéressant sur plusieurs points:
il nous permet de nous plonger dans les milieux artistiques des années 20,mais aussi de suivre le parcours et assister aux transformations d'une femme qui, de désagréable et imbue d'elle-même, va perdre de son assurance et de sa superbe, puis finalement gâcher sa vie, à cause d'un homme, si génial soit-il.

A lire si on aime l'art évidemment, mais pas seulement.

lundi 9 mai 2011

L’intranquille-Gérard GAROUSTE


Gérard Garouste est un artiste contemporain reconnu internationalement. J'avoue que je ne le connaissais pas même si ce nom me disait vaguement quelque chose. C'est une copine qui m'a prêté cette autobiographie après qu'elle m'en ait vanté tous les mérites. Je m'y suis donc plongée.

Les toiles de Garouste sont plutôt sombres malgré leurs couleurs vives, présentant des corps torturés, des morceaux de corps démantibulés. L'humain n'y est pas sublimé, ces membres désarticulés représentant sans doute les bleus à l'âme.

Car Garouste n'en manque pas, de ces bleus à l'âme. C'est un artiste incontestablement torturé, comme on se les imagine ; suicidaire, déprimé mais aussi sujet à de grands moments de folie et d'exaltation. En fait, il est bipolaire et c'est une vraie maladie psychiatrique qui le ronge, lui et son entourage, mais avec laquelle il est bien obligé de composer.

Cela donne un témoignage qui sonne juste, pudique et sensible, qui ne verse pas dans le pathos. Garouste ne cherche pas à se plaindre, simplement à dire sa souffrance, ses créations.

Un document culturellement et humainement très fort que je pourrai relire quand je le voudrai puisqu'une amie me l'a donné.

lundi 28 février 2011

Un regard innocent, Journal de la guerre civile en Espagne-Encarnacio MARTORELL I GIL



Encarnacio a 13 ans lorsque la guerre civile en Espagne, en 1937. Elle vit à Barcelone avec ses parents, sa petite soeur et son frère aîné. A quelques pâtés de maison de là, résident sa grand-mère et une grand-tante malade. Comme Anne Frank, elle tient son journal de la guerre dans lequel elle raconte les évènements familiaux et la vie quotidienne en temps de guerre: la rationnement et les queues interminables pour obtenir 5 minuscules morceaux de pain, la mobilisation de son oncle, les bombardements, les jours d'école ratés parce qu'il faut passer sa journée dans les files d'attente...
Ce qui la préoccupe énormément, c'est la faim, constante ou presque pendant près de 3 ans et le prix des produits alimentaires qui explose.
Mais Encarnacio fait aussi preuve d'un grand discernement et d'une maturité certaine dans ses commentaires.
Elle ne comprend pas la guerre, la haine, les différences faites entre les hommes, tout ceci à l'origine du malheur de son peuple et cela la questionne énormément. Je doute qu'elle ait trouvé une réponse, d'autant que rien n'a changé depuis la rédaction de son journal.

C'est un document intéressant, au style un peu trop naïf, ce que l'on peut malgré tout comprendre au vu du jeune âge de l'auteur; de plus, il n'était évidemment pas du tout destiné à être publié et Encarnacio ne devait en être l'unique lectrice puisqu'elle écrivait en cachette de sa famille. Mais cette naïveté fait que ce livre peut être lu par des adolescents.
L'adulte y trouve son compte également car j'ai peu l'occasion de lire sur la guerre d'Espagne; un nouveau témoignage est toujours bon à prendre.




jeudi 6 janvier 2011

Autobiographie de mon père-Pierre PACHET



Livre acheté en solde, j'en ai beaucoup aimé la couverture.

L'auteur retrace la vie de son père, Russe de confession juive qui a fui son pays au début du 20ème siècle pour la France. Plus que retracer, il se met en fait à la place du paternel, supposant ce qu'aurait eu à raconter ce dernier et utilisant un style sans doute convenant à sa personne; et, détail important, c'est le "je" qui est utilisé, soulignant bien la volonté d'écrire une autobiographie inventée plus qu'une biographie.

Y sont évoqués, l'enfance dans la campagne russe, Odessa, l'exil en France, les études de médecine, la guerre, le mariage, les enfants, la fin de vie et la maladie. Car au moment de l'écriture de cette (auto)biographie, le père de l'écrivain a du mal à se déplacer et est conscient qu'il lui reste peu de temps. Alors il se plaint, n'acceptant pas la déchéance.

Dans ces quelques pages, à peine 200, on découvre un homme volontaire à la vie difficile mais aussi un homme exigeant envers lui-même et ses proches, sans concession, généralement désagréable. Cependant, il force l'admiration par son courage et ses connaissances. Connaissances qui, je l'avoue m'ont parfois échappé, tout comme quelques passages aux tournures littéraires obscures pour moi, pauvre mortelle. Car j'avoue m'être sentie niaise à certains moments, lorsque j'avais du mal à percevoir le sens d'une phrase, à cause d'une plume absconse ou d'une référence inconnue. Heureusement, la majorité m'a convaincue et des pages de récit m'ont passionnée, appelant à une réelle réflexion, un questionnement sur l'Histoire et ses conséquences.

mercredi 5 janvier 2011

Le corps a ses raisons-Thérèse BERTHERAT



Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas d'un roman mais d'un essai ou plutôt d'un manuel sur le bien-être, voire le mieux-être. Je ne lis habituellement pas ce genre d'ouvrages mais c'est une amie qui me l'a offert, en me précisant que ce livre avait changé pas mal de choses pour elle et qu'elle le relit régulièrement. L'ayant pioché au hasard dans ma PAL, je me suis plongée dedans, perplexe au départ et puis finalement intéressée, même si j'avoue ne pas avoir pris le temps d'essayer les exercices.

Thérèse Bertherat est kinésithérapeute de formation mais, rapidement, elle s'est détournée de cette formation pour mettre en place une technique, plus douce que des exercices imposés: l'anti-gymnastique.
Le principe: sentir son corps, faire des mouvements très doux sans souffrir ni faire de mal à ce corps pour se détendre mais aussi se muscler.

Dans ce livre, Thérèse Bertherat nous fait part de son expérience, expose ses théories et explique quelques exercices relativement simples à reproduire seul, chez soi.
Au final, sans être conquise j'ai été intéressée. Ayant quelques notions de relaxation, j'ai pu comparer et peut-être mieux percevoir le pourquoi du comment des exercices: la manière de les reproduire et leurs effets. Mais dans l'ensemble, si on est sensibilisé à la problématique corporelle, l'ensemble de l'ouvrage est à découvrir.
Il y a donc des chances pour que je pioche de temps en temps dans la liste de mouvements mais pour le moment, je garde ma Wii!

lundi 13 décembre 2010

D'autres vies que la mienne-Emmanuel CARRERE


C'est rare, très très rare même qu'un livre me fasse pleurer, mais là, je n'ai pu m'en empêcher. Certes, je suis sensible au talent d'écrivain d'Emmanuel Carrère mais aucun de ses autres ouvrages que j'ai lus ne m'avait fait autant d'effet.

Ce livre est autobiographique, il débute lors du tsunami, alors qu'Emmanuel Carrère et sa famille est en vacances en Asie avec un couple d'amis. Il vit donc la tragédie en direct et perdra des amis. Sa vie change, sa vision des choses également. D'autant plus que peu de temps après, il apprend que sa jeune soeur est atteinte d'une maladie incurable et décède rapidement.

Rien de réjouissant dans cet ouvrage magnifiquement bien écrit, tout en pudeur, pas larmoyant mais qui m'a énormément touchée, je ne saurais dire exactement pourquoi. Le talent d'Emmanuel Carrère qui, bien qu'il puisse paraître pédant (c'est ce qu'on lui a reproché avec son Roman russe) y est pour quelque chose;le sujet également. Et sans doute, la petite étincelle supplémentaire qui bouleverse, qui me bouleverse.

lundi 31 mai 2010

Nauru, l'île dévastée-Luc FOLLIET



Ce livre n'est pas un roman, ni le scénario d'un film catastrophe à la sauce Hollywood mais un essai, et donc la réalité. Nauru est une petite île du Pacifique sud, satellit de l'Australie. Riche en minerai, cela lui a rapporté énormément d'argent, des entreprises australiennes étant venues exploiter le sol.Tellement d'argent qu'il coulait à flots et a été dilapidé en excès en tous genres: compagnie aérienne, gouvernements pléthoriques, 4x4 en pagaille pour une route de quelques kilomètres, hôpital démesuré, repas pantagruéliques...
Mais un jour, les réserves naturelles se sont épuisées, les investisseurs se sont retirés et les Nauruans, qui n'avaient pas prévu ça, trop occupés qu'ils étaient à dépenser, se sont retrouvés sans le sou. Moins de trente ans plus tard, c'est la misère: les grosses voitures ne circulent plus puisqu'il n'y a plus d'essence, les frigidaires ne fonctionnent pas faute d'électricité et les habitants sont obèses, diabétiques à cause d'une alimentation déséquilibrée.
Désormais, ils tentent de trouver un peu d'argent et regrettent le temps béni de l'argent facile, tout en se résignant. Quelques mines sont ecore exploitées, qui leur ramènent quelques deniers. Et surtout, l'Australie s'est servie de l'île comme de prison en y parquant les immigrés clandestins. Ce camp a fermé il y a peu; il ne restait à la fin que deux hommes qui passaient leurs interminables journées à ne rien faire: libres sur l'île mais prisonniers.

C'est un petit livre mais qui contient un récit absolument effarant; j'en connaissais l'histoire pour avoir vu un reportage télé mais cette lecture m'a permis d'avoir davantage de détails. Et de malheureusement, pouvoir faire un comparatif avec la situation actuelle de la Polynésie française, étrangement similaire...
Ca fait froid dans le dos.

vendredi 26 février 2010

Relation de voyages autour du monde-James COOK



Interdiction de dire du mal de ce document, qui est un des livres de chevet de mon homme.
C'est un document historique, journal que James Cook, célèbre explorateur, a tenu lors de ses voyages dans les années 1770. Grâce à lui, son équipage et deux bateaux, le monde occidental des Lumières a découvert de nouveaux peuples, de nouveaux horizons: Tahiti, Nouvelle-Zélande, Australie, Hawaii...
Moi qui commence à bien connaître l'Océanie, il est évident que j'ai retiré un profit certain de cette lecture, d'autant plus que je connais certains lieux où Cook a débarqué (ils ont bien changé ces sites!). Toutefois, j'ai eu du mal à m'imaginer le périple, alors que mon mari lui, n'y a trouvé aucune difficulté.
En revanche, j'ai particulièrement apprécié et retenu les paragraphes concernant les indigènes, les rencontres avec Cook, les modes de vie des peuples primitifs; Cook a appris à les connaître, les respecter et ne pas les mépriser, le tout avec une curiosité insatiable. Curiosité qui l'a perdu puisqu'il a été abattu par les Hawaiiens et sans doute mangé.

dimanche 3 janvier 2010

L'homme, ses bizarres idées du bonheur-David COHEN



Ce livre et cette lecture ont une histoire : son auteur est octogénaire, il a toujours le cerveau en ébullition , plongé dans ses dictionnaires. Son épouse, Christiane, octogénaire également, est une de mes copines d’internet depuis plusieurs années. Ce livre, fourre-tout autobiographique, philosophique et linguistique est la mise en pages d’une série d’entretiens qui ont duré de nombreux mois. Après quelques réticences, David Cohen s’est laissé convaincre de les publier, notamment pour laisser une trace écrite à sa famille. Car c’est un homme au destin hors du commun : né Tunisien Juif non pratiquant, il a passé une enfance misérable mais studieuse. Jeune adulte, il est exilé en Algérie, fait de la Résistance, est arrêté mais s’enfuit. Il est alors toujours aussi misérable et communiste. Il rencontre Christiane, l’épouse, ils ont des enfants ; à force de travail et grâce à la situation professionnelle de Christiane, il devient un éminent linguiste, spécialiste des langues du Moyen-Orient.
Ce document très dense traite de différents domaines qui tiennent à cœur à l’auteur : religions (être croyant ou non, adopter une religion plutôt qu’une autre…), linguistique, Histoire, littérature et poésie…Cela donne un gros bouquin qui ne se lit pas facilement, qui n’intéresse pas le lecteur de bout en bout mais qui interpelle et donne à réfléchir sur ces sujets. Je n’ai par exemple, pas eu envie de lire en détail les passages concernant la religion mais j’ai été passionnée par les chapitres traitant de la linguistique et de la Seconde guerre mondiale au Maghreb.
L’ensemble est parfois désordonné, manquant de fil conducteur mais David Cohen s’en explique dès le début des entretiens : il a tendance à se disperser, il est ainsi, à nous de trouver le fil et de ne pas le perdre. Le tout est finalement éclairant bien que parfois difficile d’accès, on n’est jamais loin de la philosophie.
Un seul bémol : les nombreuses coquilles.

Edit de la part de Christiane, l'épouse de ce monsieur:
Il y a une erreur, compréhensible car pas simple de se retrouver dans ce livre. C’est pendant l’occupation allemande de Tunis 1942/43 que David a été interné pendant quelques mois en camp (de concentration, pas d’extermination) comme tous les hommes juifs. Son activité de résistance à l’époque s’est limitée à la distribution en boite aux lettres de quelques tracts. En Algérie il était journaliste communiste et nous sommes partis en 1950, avant la guerre d’Algérie. D’autre part, et ce n’est pas dit clairement car beaucoup s’y trompent, il y a eu au départ une interview réelle qui a laissé David insatisfait et l’ensemble du livre est une interview imaginaire.

mercredi 2 décembre 2009

Lucie Aubrac-Laurent DOUZOU


Tout le monde a au moins entendu parler de Lucie Aubrac, grande résistante qui a réussi à faire libérer son mari des griffes de la Gestapo. Cet ouvrage lui est consacré et c'est le premier du genre.En effet, elle a bien publié quelques livres dans lesquels elle se raconte, le plus connu étant Ils partiront dans l'ivresse, que je possède mais que je n'ai pas lu. Mais aucune biographie n'était encore parue; c'est chose faite et de façon érudite. Les faits sont là, non enjolivés, certains accompagnés d'hypothèses et explications.Car Laurent Douzou, l'auteur, n'est pas romancier mais historien; son travail est donc d'exposer des évènements et non de raconter; le style n'est donc pas une priorité même si celui-ci est travaillé. Douzou a rencontré Lucie Aubrac, est spécialiste de la Résistance, il connaissait donc bien le sujet.
Cela donne un livre parfaitement historique, très documenté, réservé à des lecteurs qui possèdent quelques bases concernant le Seconde guerre mondiale, sous peine d'être perdus.
C'est au final très intéressant , notamment parce que Lucie Aubrac n'y est pas particulièrement adulée. Elle est présentée comme une femme courageuse et hors du commun, déterminée, engagée mais aussi comme une femme possédant des zones d'ombre, des failles. C'est ce que je retiens principalement de cette lecture, au-delà de l'Histoire.

Un ouvrage à lire si vous aimez les biographies historiques bien documentées.


Un grand merci à Guillaume et les éditions Perrin pour ce cadeau.

lundi 27 juillet 2009

Au pays du long nuage blanc-Charles JULIET


Il y a quelques années, Charles Juliet a passé 5 mois dans une résidence pour artistes de Wellington, la capitale néo-zélandaise. Ce petit livre est un aperçu de ce séjour: ce qu'il a vécu et découvert dans ce pays des antipodes (antipodes pour vous, de Tahiti la Nouvelle-Zélande est à deux pas!).
Ses impressions, ses découvertes culturelles sont ponctuées de poèmes, pensées en tous genres, souvenirs, regrets, joies qu'il a éprouvés au cours de sa vie entière.

Cela forme un ensemble hétérogène et très sensible, plein de poésie et d'érudition, dans lequel tout lecteur y trouvera son compte: le voyageur pour les passages sur les us et coutumes des autochtones (ce qui m'a le plus intéressée, d'autant que nous avons remarqué beaucoup d'éléments communs), le philosophe pour les pensées disséminées ici et là, l'esthète et l'amoureux des mots qui sont simplement mais bien choisis. Bref, tout lecteur peut se plonger dans ce document, sauf Monsieur mon mari qui a abandonné au bout de quelques pages!...

jeudi 23 juillet 2009

Le Papalagui-Erich SCHEURMANN


Voici un document ancien et à contre-courant. Il a été écrit au début du XXème siècle par un Allemand, artiste voyageur qui décide de partir aux Samoa, dans le Pacifique. Là, il rencontre le chef d'une tribu, Touiavii, qu'il amènera avec lui en Europe et dont il retranscrira les paroles.
Touiavii revient sur son île et met en garde ses congénères contre la vie que mène le Papalagui; le Papalagui, c'est l'Homme blanc. Parce que de tout ce qu'a vu Touiavii, rien ne lui a plu: les vêtements trop encombrants, les maisons en dur bordant des allées tracées an cordeau, les manières qu'arborent leurs habitants, l'argent qui rend malheureux, la nourriture,le temps qui galope...Tout est matière à critique et avertissement à ses congénères afin que toute envie de s'occidentaliser meurt dans l'oeuf.
Le tout est écrit dans un langage très imagé qui fait sourire: "Le Papalagui habite comme les fruits de mer dans une coquille dure[...]Sa hutte ressemble à un coffre débout".
"Chaque Papalagui a une profession.Il est difficile de dire de quoi il s'agit. C'est quelque chose qui devrait être fait avec plaisir, mais que la plupart du temps, le Papalagui n'a pas l'envie de faire."
"[...]Le corps du Papalagui est de la tête aux pieds enveloppé de pagnes, de nattes et de peaux, si serrés et si épais qu'aucun oeil humain, aucun rayon de soleil ne les traverse, si serrés que son corps devient pâle, blanc et fatigué comme les fleurs qui poussent au fond de la forêt vierge."

Touiavii n'était pas tendre avec nos ancêtres mais il n'avait pas complètement tort. On peut tout de même déplorer une tolérance vis-à-vis des moeurs occidentaux aussi faible que la nôtre envers les peuples dits primitifs.

mardi 30 juin 2009

Je vous promets de revenir, 1940-1945 le dernier combat de Léon Blum-Dominique MISSIKA



Toute jeune, Jeanne Reichenbach tombe amoureuse de Léon Blum, l'homme à l'origine du Front Populaire et des congés payés. Mais elle est trop jeune, ils ont plus de 20 ans de différence. Elle se marie une première fois, puis une deuxième; Léon Blum, de son côté, est marié également mais se retrouve veuf à la fin des années 30. Et puis, ils se retrouvent, au début de la Seconde guerre, ils sont libres tous les deux, et ils ne vont plus se quitter, malgré la détention de Léon Blum.
Car il est accusé par le gouvernement de Vichy d'avoir entraîné la France dans la guerre, pour de multiples raisons, toutes plus absurdes et de mauvaise foi les unes que les autres. Il connaîtra divers lieux de détention, en Auvergne, dans les Pyrénées, en Allemagne. Jeanne le suivra toujours, exigeant même aux autorités françaises et allemandes, d'être enfermée avec lui à Buchenwald, jusqu'à la fin de la guerre. Elle se suicide en 1982, après avoir détruit la majorité des documents et photos qu'elle possédait.

Ce livre est passionnant; il se lit comme un roman tout en respectant les faits historiques; normal me direz-vous, puisque Dominique Missika est historienne. Léon Blum fut un grand homme, accompagné à la fin de sa vie, dans les moments les plus difficiles, par une femme amoureuse et totalement hors du commun, qui a tout sacrifié pour lui.

Un grand merci à l'opération Babelio et aux maisons d'édition qui y participent, surtout quand on découvre d'excellents livres comme ce fut mon cas.

lundi 22 juin 2009

Ma vie dans la CIA, chronique de l'année 1973-Harry MATHEWS


Je n'avais jamais entendu parler d'Harry Mathews auparavant mais la lecture de ce livre m'a interpellée et m'a amenée à faire des recherches. Le plus important pour moi est qu'il a été marié à Nikki de Saint-Phalle et qu'il a beaucoup gravité dans le milieu artistique et littéraire des années 60-70.

Difficile d'y voir clair dans ce livre: est-ce un roman? Un document? Les deux sans doute. Le narrateur n'est autre que l'auteur de lui-même. En 1973, au repos et en manque d'inspiration, Harry Mathews devient mythomane: il se fait passer pour un espion de la CIA; plus exactement, il ne dément pas lorsqu'une rumeur grandit, comme quoi, il serait agent secret. Rapidement, il se laisse emporter et ne peut plus reculer, allant même jusqu'à vivre en agent de la CIA et se laisser dépasser par les évènements.

Ce roman-autobiographie est vraiment surprenant mais extrêmement intéressant, de par sa qualité littéraire et historique. En effet, Mathews ne manque pas de talent ni d'humour et le milieu dans lequel il évolue lui a permis de toucher à tout et de parler d'art, de politique, de la crise pétrolière...

Un excellent livre, érudit mais à la portée de tous, éclectique et hors catégorie.