samedi 28 juillet 2012

Les auteurs du noir face à la différence


15 auteurs français de polar, quasi-inconnus (en tous les cas, inconnus de moi) ont écrit chacun une nouvelle traitant de la différence. Chacun n'ayant pas la même conception de la "différence", les écrits sont donc hétéroclites. On y trouve un déficient intellectuel, un albinos, un transsexuel, un chirurgien, tous hors normes et souvent laissés pour compte de la société...Certains subissent cette différence, d'autres s'en servent, rarement en bien, sinon on ne serait pas dans le polar.

Franchement, en recevant ce livre, gracieusement offert par l'éditeur (Jigal), je ne m'attendais pas à un grand cru. En effet, je ne connaissais aucun auteur et craignait une certaine forme de médiocrité. Et bien, tout au contraire, j'ai lu rapidement ce recueil de nouvelles car j'ai été dans l'ensemble conquise, à la fois par l'originalité des thèmes et le talent des écrivains. Certaines nouvelles m'ont plus séduite que d'autres, mais cela est bien normal, question de sensibilité de lectrice.

Je ne peux donc que conseiller ce livre à toute personne aimant le suspense, les sujets et héros retors et pervers mais aussi les grandes causes. D'ailleurs, et cela ne gâche rien, les bénéfices sont reversés à une association pour les enfants autistes.


lundi 25 juin 2012

Mauvaise mère-A.M HOMES




Jody, 24 ans, est assistante d'un producteur de films à NY, en attente de partir à Los Angeles à l'université pour devenir réalisatrice.
Elle a suivi une longue thérapie, peut-être parce qu'elle a été adoptée par une famille qui avait perdu un enfant quelques mois avant qu'elle n'arrive. Quelques mois avant le départ pour LA, elle éprouve le besoin de refaire une thérapie; ce sera chez Claire, la quarantaine, qui a abandonné une petite fille, sous la pression de ses parents et qui a bien du mal à "oublier", malgré une réussite sociale et professionnelle indéniable.
C'était en décembre 1966, à Washington, dans la même ville et au moment de la naissance de Jody.
Claire se met alors en tête que Jody est sa fille, tandis que celle-ci pète les plombs et se cherche désespérément.

C'est le premier roman traduit en français de AM Homes dont j'ai lu Ce livre va vous sauver la vie, sur les conseils d'une amie et que j'ai beaucoup aimé. Mauvaise Mère manque de maturité et de caractère (publié en 1997) mais on trouve quelques ingrédients développés plus tard, notamment la catastrophe qui a des conséquences sur la vie du protagoniste. Et l'ensemble se lit vraiment bien, tout roule, malgré une fin un peu abrupte et nettement moins intéressante que le reste du roman.




mardi 29 mai 2012

The Corner-David SIMONS et Ed BURNS


Ce livre n'est pas un roman mais bien un document, sur les bas-fonds de Baltimore, ville qui compte une importante proportion de laissés-pour-compte et de drogués, essentiellement des Noirs, en tout cas c'est qui ressort de cet ouvrage hyper détaillé.

Ce docu-reportage est constitué d'une part de la description de journées dans Fayette Street: dealer, chercher sa dose quotidienne, éviter la police, trouver de l'argent pour se payer sa dose...Une vie pathétique, sans intérêt et pourtant, la vie de dizaines de milliers de personnes à Baltimore.
D'autre part, on trouve un travail plus journalistique dans lequel sont exposées les causes de ces dérives, la descente aux enfers de toutes ces personnes et du quartier tout entier.

C'est très instructif, à la fois polar et journalisme, bien écrit. Certes, quelques dizaines de pages en moins n'auraient pas dérangé et les premières pages m'ont paru hésitantes puisque je ne savais pas trop où j'allais. Mais une fois entrée dans l'histoire, et après avoir fait connaissance avec les différents protagonistes, j'ai lu l'ensemble assez rapidement.

Un bon livre donc, intéressant, qui me donne envie de lire la suite, à savoir "The Corner- été-automne" et de regardé la série The Wire (Sur écoute). Quelqu'un l'a-t-il vue?

dimanche 20 mai 2012

Ce livre va vous sauver la vie-A.M.HOMES

Richard Novak, quinquagénaire de Los Angeles qui a fait fortune mène une vie tranquille, égoïste et sans grande envergure. Mais un jour, tout va changer à cause d'une douleur lancinante et d'un glissement de terrain. En quelques jours, sa vie va changer, il va rencontrer ses voisins, errer, manger des donuts et faire des plans sur la comète: créer une entreprise de donuts, sortir le cheval du trou causé par le glissement de terrain, sauver une jeune femme paumée croisée dans un supermarché...

Voici un roman atypique et original écrit par une femme qui se met dans la peau d'un homme blasé.
Le ton est à la fois décalé, drôle, mélancolique et le sujet, une critique d'un microcosme qui s'effondre, original et, mine de rien, très intelligent.

C'est un roman qu'on m'a offert et qui m'a beaucoup plu; je possède maintenant plusieurs autres romans de cette auteure, comme ça, je vais pouvoir me faire une idée plus précise de son talent.

lundi 16 avril 2012

Anatomie d'un crime-Elizabeth GEORGE


Joel est un adolescent qui, avec sa soeur, va sombrer et tuer une jeune femme aisée qui n'a rien fait, rien demandé, mais qui s'est trouvée sur leur chemin.
Joel, lui vit dans les bas-fonds de Londres et l'on suit sa descente aux enfers ainsi que celle de sa soeur, sans beaucoup d'espoir d'en sortir.
La faute à pas de chance, la faute à la pauvreté qui entraîne une mauvaise éducation, l'échec scolaire, l'ennui, les clivages sociaux.

Ce gros roman est, malgré quelques longueurs, plutôt intéressant et, je pense, décrit presque parfaitement l'engrenage dans lequel un jeune peut se retrouver "uniquement" parce qu'il est mal né.
J'ai lu ce livre il y a déjà longtemps; les souvenirs sont flous, mais je me rappelle d'une atmosphère assez troublante, avec une montée dans le sordide bien contrôlée. L'ensemble aurait toutefois supporté cent pages de moins.

lundi 12 mars 2012

Comment on meurt?-Emile ZOLA


Voici un tout petit livre qui parle de la mort, de la façon dont ou mourait au XIXème siècle, qui n'est pas si différente de nos jours.

Le comte de Verteuil va mourir.Il a épousé il y a plusieurs années une très belle femme, Mathilde. Pas d'amour entre eux, ils se supportent, voilà tout. Et quand il agonise, il ne bénéficie d'aucune marque de tendresse.Même la comtesse semble soulagée. Pendant l'enterrement, de nombreuses personnalités sont présentes puisque Monsieur de Verteuil était quelqu'un de très riche et très important au niveau politique et culturel. Et les langues (de vipère) se délient.

Madame Guérard va mourir.Veuve d'un magistrat, elle n'est pas dans le besoin et a consacré une bonne partie de sa vie et de son argent à combler les déficits financiers de ses trois fils. Pourtant elle est radine, et radine jusqu'à la mort. Alors, ses fils attendent son décès, patiemment mais avec avidité, malgré leur attachement à leur mère.

Adèle Rousseau va mourir. Elle a travaillé toute sa vie avec son mari pour pouvoir profiter de ses vieux jours grâce à ce pécule difficilement amassé. Mais elle va mourir sans toucher à sa petite fortune et sans son mari qui tient la boutique.

Charlot Morisseau va mourir. Les Morisseau sont une famille extrêmement pauvre, c'est d'ailleurs à cause de cela que leur fils se meurt. Les aides qu'ils ont demandées ne leur sont jamais parvenues et malgré un rude labeur, la famille ne parvient pas à manger à sa faim. Payer les médicaments pour Charlot leur devient impossible, alors ils vont le perdre, c'est comme ça.

Jean-Louis Lacour va mourir. Il a travaillé jusqu'aux derniers jours dans ses champs, aidé de ses trois enfants. Tous savent qu'ils vont bientôt perdre leur père et pourtant, ils continuent à travailler avec acharnement, jetant un coup d'oeil de temps en temps dans la chambre du paternel. Jean-Louis Lacour mourra seul et ses enfants retourneront travailler dès après les funérailles.

Emile Zola, en quelques pages, nous brosse un tableau édifiant de la vie au XIXème, chez les riches, chez les pauvres, à la ville, à la campagne. La plume est acérée, cynique, parfois compatissante; il dénonce les injustices qui sont partout, même face à la mort.
J'aime Zola, alors évidemment, j'ai savouré ces nouvelles, faciles à relire puisqu'en 30 minutes, le livre est terminé.

Une fois encore, merci à Babelio et son Opération Masse Critique.





lundi 20 février 2012

Dans l'or du temps-Claudie GALLAY


Ce livre m'a été offert par l'éditeur, avec Les Déferlantes. Un peu saoulée par le tapage de ce roman, j'ai préféré découvrir Claudie Gallay avec Dans l'or du temps, un peu moins connu. J'avoue, j'étais méfiante, pas très emballée, craignant une histoire à l'eau-de-rose teintée d'ambiance roman du terroir. Et bien, autant le dire tout de suite, j'ai été très agréablement surprise.

Ce roman est un voyage, entre la Normandie d'aujourd'hui et les Etats-Unis des années 40. Le lien se fait grâce à Alice, une vieille dame résidant du côté d'Etretat mais qui, pendant la Guerre, a voyagé en Amérique, chez les Indiens. Elle était jeune, elle accompagnait son père, photographe et ami de l'artiste et écrivain André Breton. Alice raconte ce périple, ses rencontres, ses souffrances au narrateur, un homme dont le couple va à vau-l'eau et qui, tous les ans, passe ses vacances en famille dans leur maison en bord de plage.
Les relations entre Alice et cet homme se nouent peu à peu, mais restent étranges, car Alice peut avoir des réactions imprévisibles, sans pour autant désarçonner le narrateur. Celui-ci est même plutôt patient, compréhensif pour que la vieille dame lui ouvre son coeur et sa maison, lui fasse assez confiance pour lui raconter ses souvenirs et plonger dans le monde des Indiens d'Amérique.

Claudie Gallay a réussi à m'intéresser alors que les Indiens ne sont pas du tout un sujet qui m'attire. Mais André Breton, lui, était un artiste au parcours exceptionnel; Alice et cet homme déboussolé sont touchants mais pas gnan-gnan, et leur relation intrigante m'a séduite.
Je vais m'attaquer d'ici quelques semaines aux Déferlantes, sans appréhension cette fois.