lundi 10 août 2009

Cendrillon-Eric REINHARDT


Attention pavé très dense!
L'histoire commence avec un des 4 personnages principaux, Laurent Dahl, trader qui a fait fortune malhonnêtement. Il fuit, sans sa famille, pour échapper à la prison qui semble inévitable. Bien vite, 3 autres personnages apparaissent, se croisant dans le roman, jamais dans l'histoire: le collègue de Laurent Dahl, un détraqué qui a pété les plombs après que son père se soit suicidé sous ses yeux et Eric Reinhardt lui-même, qui explique la genèse de ce livre, de manière sans doute romancée.
Gravitent autour d'eux de nombreux seconds rôles.

Le premier chapitre débute donc avec la fuite de Dahl puis la pelote se déroule, lentement et magistralement.

Pour moi, Eric Reinhardt frôle le génie: en un seul livre, il traite d'à peu près tous les sujets: sexe, économie (je sais tout de la Bourse désormais!), art (Buren, Preljocaj), modes (les chaussures de Christian Louboutin qui fascinent Reinhardt)..., tout cela brillamment.
Avec une telle diversité de thèmes, tout lecteur est forcément intéressé, à un moment ou un autre, par ce roman.
Quant à moi, plus j'avançais dans ma lecture, plus j'étais subjuguée par tant d'audace, de connaissances et de talent.

A noter qu'en plus du talent, Reinhardt est un visionnaire puisqu'il raconte l'équivalent de l'affaire Kerviel avant l'heure, alors que des professionnels de la banque lui avaient certifié qu'une telle arnaque, se chiffrant en millions d'euros, serait improbable dans la vraie vie:loupé!

J'ai lu pas mal de critiques assez négatives sur Cendrillon, roman qualifié de narcissique par certains;certes, l'auteur s'expose, se met en scène, de façon avantageuse, mais il n'y a pas que ça dans ce roman, loin de là. J'ai préféré me concentrer, dans ces passages où il parle de lui, sur ses rencontres culturelles qui m'ont donné envie de pousser un peu plus loin mes connaissances.

lundi 3 août 2009

Mariage à la mode-Katherine MANSFIELD

C'est un tout petit livre, de la collection Folio 2€ (soit environ 3€ à Tahiti...) contenant deux nouvelles d'une auteure néo-zélandaise du XIXème siècle.Tout cela aurait dû me plaire énormément, finalement cela m'a plu un peu. Quelques mois après cette lecture, le souvenir est diffus, mes impressions bien lointaines.

On trouve deux nouvelles dans ce petit livre:
Mariage à la mode: William est un jeune homme très amoureux de sa jolie femme, heureux d'avoir deux enfants; il travaille dur pour payer ce que son épouse désire. Mais, sans doute parce qu'elle s'ennuie, celle-ci se rapproche d'un groupe de jeunes gens oisifs qui semblent profiter de son train de vie et qui en plus, l'éloignent dangereusement de son époux.
C'est vrai, la trame est assez originale, bien menée, efficace mais il m'a manqué ce petit plus indéfinissable qui fait toute la différence.

La Baie:une toute petite nouvelle qui trace rapidement les séjours en bord de mer de personnages huppés. Autant le dire, je ne puis en écrire davantage, car je n'ai rien gardé de l'intrigue. Je me souviens d'avoir passé un joli moment, mais sans l'étincelle qui passionne.

Dommage mais je n'ai pas dit mon dernier mot puisque ma découverte de Katherine Mansfield n'est pas terminée!

mardi 28 juillet 2009

L'agneau carnivore-Agustin GOMEZ-ARCOS


Autant vous prévenir tout de suite: âmes sensibles s'abstenir! En effet, ce roman n'est pas à mettre entre toutes les mains car le sujet peut choquer puisqu'il traite d'une histoire incestueuse entre deux frères, dans l'Espagne franquiste des années 50-60.
Ces deux garçons ont grandi dans l'opulence, entre une mère psycho-rigide et un père indifférent et quasiment inexistant, à passer tout son temps dans son bureau.
Ce roman nous plonge dans leur enfance, par un flashback: plusieurs années ont passé, le cadet est de retour dans la maison familiale, seul, attendant l'éventuel retour du grand frère prodigue.

Ce roman (en partie autobiographique), puissant mais profondément dérangeant alors qu'il y a très peu de scènes osées, m'a fait penser au film d'Almodovar La mauvaise éducation. Cette relation n'est à aucun moment condamnée mais pas non plus mise en exergue: non, nous ne sommes pas dans la normalité mais cette relation fusionnelle existe, c'est ainsi. Comme je le disais plus haut, les scènes érotiques sont assez peu nombreuses mais l'enchaînement des mots suffit à mettre le lecteur mal à l'aise. La dictature franquiste n'est jamais loin, souvent évoquée, jamais dénoncée de front.

Ce fut un grand moment de lecture pour moi, mais j'ai l'esprit bien accroché et une capacité à me détacher des faits tout en me passionnant. J'ai été bousculée évidemment mais aussi bouleversée par cette histoire et la justesse du ton; Gomez-Arcos est un grand écrivain espagnol, cela ne fait pas de doute.

Allez voir du côté de chez InColdBlog qui parle de ce roman (culte pour lui) 100 fois mieux que moi.

lundi 27 juillet 2009

Au pays du long nuage blanc-Charles JULIET


Il y a quelques années, Charles Juliet a passé 5 mois dans une résidence pour artistes de Wellington, la capitale néo-zélandaise. Ce petit livre est un aperçu de ce séjour: ce qu'il a vécu et découvert dans ce pays des antipodes (antipodes pour vous, de Tahiti la Nouvelle-Zélande est à deux pas!).
Ses impressions, ses découvertes culturelles sont ponctuées de poèmes, pensées en tous genres, souvenirs, regrets, joies qu'il a éprouvés au cours de sa vie entière.

Cela forme un ensemble hétérogène et très sensible, plein de poésie et d'érudition, dans lequel tout lecteur y trouvera son compte: le voyageur pour les passages sur les us et coutumes des autochtones (ce qui m'a le plus intéressée, d'autant que nous avons remarqué beaucoup d'éléments communs), le philosophe pour les pensées disséminées ici et là, l'esthète et l'amoureux des mots qui sont simplement mais bien choisis. Bref, tout lecteur peut se plonger dans ce document, sauf Monsieur mon mari qui a abandonné au bout de quelques pages!...

dimanche 26 juillet 2009

Le fils de la sardine-Ilan DURAN-COHEN


C'est un roman que m'a prêté un copain; je connaissais déjà Ilan Duran-Cohen pour avoir lu et apprécié son dernier roman, Face aux masses, l'histoire d'un jeune homme élevé par une hippie se retrouvant stagiaire dans une boîte de pub parisienne.

Dans Le Fils de la Sardine, on retrouve le même type de personnage, jeune, à Paris: c'est Hélène, une jeune femme travaillant dans un centre d'épilation, qui a besoin de changer d'air. Du jour au lendemain, elle ne vient plus travailler, au grand étonnement de sa patronne. Une fois libre, elle laisse son appartement, erre dans les rues, se retrouve dormant sur le canapé de vagues connaissances tolérantes.

C'est une bien jolie histoire pas si déprimante que ce que j'ai écrit peut le laisser croire. Difficile de savoir comment va s'en sortir Hélène, mais il y a tout lieu d'être optimiste. Certes, elle comme les autres protagonistes du roman ne sont pas les personnes les plus heureuses au monde mais elles se tissent un réseau d'entraide. Et le contenu du livre s'en ressent, qui est plein d'humanité. Ilan Duran-Cohen semble avoir une réelle tendresse pour tous les personnages qu'il crée, dans ce roman mais dans Face aux masses.

Je sais qu'il a écrit d'autres romans, que je veux lire, mais j'ai aussi très envie de voir ce qu'il a fait au cinéma, car Duran-Cohen est également réalisateur. Quelqu'un aurait-il vu un de ses films?

jeudi 23 juillet 2009

Le Papalagui-Erich SCHEURMANN


Voici un document ancien et à contre-courant. Il a été écrit au début du XXème siècle par un Allemand, artiste voyageur qui décide de partir aux Samoa, dans le Pacifique. Là, il rencontre le chef d'une tribu, Touiavii, qu'il amènera avec lui en Europe et dont il retranscrira les paroles.
Touiavii revient sur son île et met en garde ses congénères contre la vie que mène le Papalagui; le Papalagui, c'est l'Homme blanc. Parce que de tout ce qu'a vu Touiavii, rien ne lui a plu: les vêtements trop encombrants, les maisons en dur bordant des allées tracées an cordeau, les manières qu'arborent leurs habitants, l'argent qui rend malheureux, la nourriture,le temps qui galope...Tout est matière à critique et avertissement à ses congénères afin que toute envie de s'occidentaliser meurt dans l'oeuf.
Le tout est écrit dans un langage très imagé qui fait sourire: "Le Papalagui habite comme les fruits de mer dans une coquille dure[...]Sa hutte ressemble à un coffre débout".
"Chaque Papalagui a une profession.Il est difficile de dire de quoi il s'agit. C'est quelque chose qui devrait être fait avec plaisir, mais que la plupart du temps, le Papalagui n'a pas l'envie de faire."
"[...]Le corps du Papalagui est de la tête aux pieds enveloppé de pagnes, de nattes et de peaux, si serrés et si épais qu'aucun oeil humain, aucun rayon de soleil ne les traverse, si serrés que son corps devient pâle, blanc et fatigué comme les fleurs qui poussent au fond de la forêt vierge."

Touiavii n'était pas tendre avec nos ancêtres mais il n'avait pas complètement tort. On peut tout de même déplorer une tolérance vis-à-vis des moeurs occidentaux aussi faible que la nôtre envers les peuples dits primitifs.

mardi 21 juillet 2009

Me revoilà!

A l'heure où la plupart part en vacances, moi, je rentre. Ce séjour en métropole m'a fait du bien, quel plaisir de revoir les proches avec passage par la Lorraine, la Normandie et la Bourgogne, et arrêts à Los Angeles.
J'ai assez peu lu: j'ai terminé le gros livre de David Cohen, L'homme ses bizarres idées de bonheur, lu Budapest de Chico Buarque et Les yeux bandés de Siri Hustvedt.
J'ai assez peu acheté aussi, 4 ou 5 livres seulement mais nous avons ramené 7 guides de voyages, commandés il y a quelques mois. Des idées d'excursions en perspective!