lundi 17 octobre 2011

Les naufragés des Auckland-F.E.RAYNAL

Janvier 1865. Un bateau s'échoue sur l'île des Auckland au sud de la Nouvelle-Zélande. Les cinq hommes à bord en réchappent mais il va leur falloir s'organiser et survivre en attendant un hypothétique sauvetage. Et celui-ci aura lieu 21 mois plus tard. Entre temps, les naufragés ont construit une maison, chassé le lion de mer, tanné des peaux, puis finalement, amélioré leur canot pour espérer rallier la Nouvelle-Zélande puisqu'aucun bateau n'est venu les chercher. Et donc, près de deux ans après avoir échoué sur une île au rude climat, trois des cinq rescapés prennent le large, ralliant l'île Stewart au sud de la Nouvelle-Zélande. Les voilà enfin sauvés, et les deux hommes restés aux Auckland seront à leur tour retrouvés quelques mois après.
Tout est bien qui finit bien mais cette aventure forcée restera marquée à jamais dans l'esprit de ces marins.

Il est bon de préciser que ce livre n'est pas un roman mais bien un document, plus précisément, le récit d'un des naufragés, écrit en 1870. Celui-ci est rédigé dans un style simple, et il se lit donc facilement. Seuls quelques passages concernant l'état de la mer ou les bateaux peuvent s'avérer fastidieux mais ils sont courts. Le reste est vraiment très intéressant, parfois passionnant.
C'est une belle leçon de vie, une leçon de courage également. Je me suis posé la question de savoir si je serais capable de survivre dans de telles conditions; je crois que oui, parce que je n'aurais pas le choix. Mais sans doute pas aussi longtemps. D'ailleurs, Raynal apprendra quelque temps après, qu'un autre bateau s'était échoué, en même temps, sur l'île mais au nord. Et la plupart sont morts: noyés, de faim, de faiblesse.

Merci à Babelio et aux éditions de la table ronde grâce à qui j'ai pu découvrir ce témoignage hors du commun.

lundi 10 octobre 2011

Bonbon Palace-Elif SHAFAK


Nous voici à Istanbul, à Bonbon Palace. Bonbon Palace, c'est un immeuble construit au début du XXème siècle par un riche Russe pour sa femme devenue folle suite à leur exil et la perte de leur enfant. La seule chose qui fasse encore étinceler son regard, ce sont les couleurs des papiers d'emballage de bonbons. La construction de cet immeuble ne la sauvera pas mais, quelques dizaines d'années plus tard, il abrite des locataires dont le lecteur va suivre les morceaux de vie: les jumeaux coiffeurs, la famille du rez-de-chaussée qui se calfeutre, la Maîtresse Bleue qui attend désespérément son vieil amant,le professeur d'université, l'étudiant du sous-sol avec son chien, la femme trompée qui ne rate pas un épisode d'un soap-opera, le grand-père et ses petits-enfants, la mère de famille enceinte, la mamie qui cache un drôle de secret et Hygiene Tijen la maniaque.
Tout le monde est gêné par l'odeur nauséabonde des sacs poubelle qui s'accumulent devant leur immeuble.

Ce roman est divisé en nombreux chapitres assez courts, chacun d'eux faisant pénétrer le lecteur chez l'un ou l'autre des locataires. Les pièces du puzzle s'assemblent peu à peu, jusqu'au dénouement, surprenant et émouvant.
Sincèrement, je pense que ce roman contient des longueurs et quelques pages en moins n'auraient pas fait de mal.
N'empêche que je me suis régalée grâce à cette galerie de personnages atypiques et la plume de l'auteur, parfois grave, mais le plus souvent teintée d'humour et d'ironie.

Un vrai bonheur de lecture.

mardi 13 septembre 2011

Purge-Sofia OKSANEN


Voici un roman au succès retentissant que l’on m’a prêté, sinon je ne l’aurais pas lu aussi rapidement, au vu de ma frilosité à lire des best-sellers au moment où tout le monde les lit.

Ca commence fort, avec une jeune fille paumée, apeurée et en loques, Zara, qui se retrouve dans le jardin d’une vieille femme, en Lettonie. Cette dame va la recueillir, avec une grande méfiance mais peu à peu, d’étranges liens vont se tisser entre elles. Des liens ténus, mais assez forts pour qu’elles se soutiennent dans l’adversité, ou plutôt qu’Aliide agisse avec un grand sang-froid pour les protéger. Elles apprennent à se connaître pendant que le lecteur lui, entrevoit ce qui les unit et ce qu’elles ont subi.

Sofia Oksanen nous dit finalement tout, même le plus sordide (je pense notamment aux violences sexuelles perpétrées sur Zara) et tout s’éclaire
C’est un roman fort, original de par le thème car on est bien d’accord qu’on ne lit pas des livres parlant de la Lettonie tous les jours ! L’auteur évoque des moments douloureux de son pays maternel et leurs conséquences : le tiraillement pendant la Guerre entre l’Allemagne et la Russie, le communisme, sa chute puis l’ouverture au monde occidental et ses travers, dont la prostitution et les mafias.
Très bien écrit, avec une certaine froideur, très bien documenté avec une histoire de la Lettonie en fin d’ouvrage, j’ai du mal à trouver des défauts à l’ensemble.
Ceci dit, si j’ai finalement aimé, je n'ai pas non plus été conquise, refermant le livre un peu démoralisée par tant de noirceur.

mercredi 24 août 2011

Passé sous silence-Anne PERRY


Je viens de terminer ce roman « policier » à l’instant et j’ai décidé d’écrire immédiatement une critique sur ce livre pas loin d’être nul. Je suis donc d’humeur déchaînée !

1860 : une jeune femme disparaît subitement et sans aucune raison d’une fête familiale au cours de laquelle ses fiançailles avec un jeune homme de très bonne famille sont annoncées. Lucius Stourbridge, le fiancé abandonné, confie à William Monk, détective récurrent chez Perry, l’enquête. En effet, il désire absolument savoir ce qui a fait s’enfuir Miriam, sa promise, alors que manifestement, ils s’aimaient. Et il souhaite aussi savoir où elle se cache et si elle va bien.

La 4ème de couverture présentait plutôt bien, le Londres victorien m’attirait, j’aime bien les policiers et j’avais beaucoup entendu parler d’Anne Perry, en bien. Règle à retenir : ne plus se laisser influencer par les goûts des autres !

Quelle déception, mais quelle déception !!!

C’est pas loin d’être écrit avec les pieds : aucun style, ou si, un style qui pourrait faire penser à du Harlequin, l’auteur expliquant, au cas où le lecteur serait totalement abruti, pourquoi, tel personnage est fatigué, en colère, angoissé…Et puis, ils ont des problèmes avec leurs pieds ces gens-là. Entre ceux qui n’osent pas enlever leurs chaussures quand ils rentrent chez eux parce que c’est impoli et ceux qui ont mal aux pieds d’avoir trop marché, ça peut devenir lassant. Ils ont chaud aussi, souvent.

Pour ce qui est de l’histoire : 412 pages (version 10/18) pour arriver à un dénouement deviné, pour ma part, à la moitié de l’ouvrage, et assuré 50 pages avant la fin. On a droit à des déductions vaseuses mais dont les "enquêteurs" sont certains. Il n'y a aucune originalité : c’était soit le coup des jumeaux, soit le coup de l’enfant illégitime. Ca n’a pas loupé, c’est l’un des deux. Précisons au passage qu’il aura fallu 400 pages, que Monk s’aide de sa femme, du sergent, du meilleur avocat de la ville et d’autres personnages à droite à gauche pour ne pas réussir à élucider l’enquête. Car oui, c’est un autre protagoniste puis l’accusée qui explique l’affaire. J’espère que les Stourbridge ne l’ont pas payé !

Faut-il que j’en rajoute ou vous avez compris que je n’ai pas aimé ? Pourquoi n’ai-je pas abandonné en cours de route, me direz-vous ? Et bien parce que je suis maso, mais aussi en vacances et donc sans envie de me prendre trop la tête avec des lectures trop compliquées. Pour le coup, ce ne fut pas prise de tête ! En tout cas, je suis énervée, je déteste être prise pour une cruche et lire des romans dont les auteurs ne font pas preuve de talent. Mais j’adore m’en donner à cœur joie au niveau de la critique !

mardi 23 août 2011

Encore de nouveaux livres


Et en anglais en plus!
Nous revenons d'un voyage de 10 jours en Nouvelle-Zélande et sommes tombés, à Hamilton, sur une super librairie de livres d'occasion. Nous nous sommes laissés tenter par des livres en anglais, déjà lus en français, pour parfaire nos connaissances linguistiques

En français, il s'agit de L'âme des guerriers.
Sauf que moi, j'ai une couverture avec un paon.
Je l'ai en français mais ne l'ai pas encore lu; ce sera l'occasion de le sortir de ma bibliothèque.
En français, c'est Frangipanier, le tome 2 d'une trilogie qui a rencontré un vif succès en Polynésie Française car l'histoire se passe à Tahiti.

Monsieur a en plus choisi une histoire de la Nouvelle-Zélande.

J'ai donc du pain sur la planche et des dictionnaires français-anglais à consulter!

lundi 22 août 2011

Rue de la peau-Nell BARTLETT

Dans les années 60, un célibataire bientôt quinquagénaire, fourreur, pète les plombs pour un jeune apprenti.

Voici un résumé trivial et direct mais assez juste selon moi. Cet homme est maniaque, solitaire, avec des habitudes bien rôdées qui vont peu à peu s’étioler au fur et à mesure que la passion amoureuse va se révéler. Ou plutôt, elles vont s’étioler à partir du moment où il va faire régulièrement un rêve étrange qui le hante jusqu’à le faire sombrer. En effet, presque toutes les nuits, il voit un jeune homme, nu, pendu dans sa salle de bains. Forcément, ça le tracasse, jusqu’à ce qu’il reconnaisse les traits du bellâtre dans ceux du stagiaire de l’entreprise. Et là, ses manies quotidiennes vont faire place à une autre obsession.

L’écriture est lente, très sensuelle, au départ parfaitement rythmée par la vie chronométrée de cet étrange Monsieur F., puis elle se délite peu à peu, tout en restant précise, presque poétique et irréelle. C’est parfois un peu trop lent mais suivre l’évolution mentale de cet homme est passionnant. Il suffit d’un grain de sable pour que la mécanique parfaitement huilée s’enraye et parte en vrille.

Le tout est à la fois rétro, un peu osé (l’auteur est un des acteurs de la scène homosexuelle britannique), avec un petite touche psy (psychologique et psychiatrique) qui m’a beaucoup plu. Reste à savoir si Nell Bartlett a publié d’autres romans.

dimanche 21 août 2011

Mille morceaux-James FREY

J’avais dévoré et été si happée par son dernier livre, L.A Story, que j’ai décidé de lire son premier roman, qui l’a fait connaître et a fait scandale dans le monde littéraire américain. En effet, ce livre, sur les conseils du premier éditeur de James Frey, a été vendu comme étant autobiographique. Vu que Frey y décrit « sa » cure de désintoxication et son passé de toxicomane d’une manière plus que réaliste, on peut aisément imaginer que beaucoup se sont laissés berner et ont été déçus d’apprendre qu’ils avaient été trompés. James Frey a finalement dû démentir. Mais ça, c’est pour l’anecdote.

N’empêche qu’à la lecture de cette fausse autobiographie, on se dit que l’auteur paraît bien informé et qu’il a sans doute vécu de près qu’il raconte.

Le roman débute dans un avion : le « héros » ne sait ni comment ni pourquoi il est dans cet avion, ni pourquoi il a la mâchoire fracassée. Toujours est-il qu’il se retrouve dans un centre de désintoxication, et qu’il va y vivre des moments intenses, douloureux, mais aussi y faire des rencontres inoubliables.

J’avais adoré L.A Story ; et bien j’ai également adoré Mille morceaux ; c’est un roman extrêmement dur, hyperréaliste, avec notamment 2 scènes qui m’ont beaucoup marquée : une chez le dentiste qui lui arrache, à vif, une dent ; une autre, lorsqu’il s’arrache un ongle. Rien de glamour donc, mais ces scènes sont tellement bien décrites qu’on s’y croirait. Vous vous dites sans doute que lire de tels extraits n’a rien d’intéressant et pourtant quelle plume ! Je crois que c’est la première fois qu’un livre me procure autant de sensations physiques. Pas des plus agréables, je vous l’accorde mais quand même, je fus bluffée. Pour le reste, le style est bref, sans concession, on n’est pas là pour s’appesantir mais vivre au plus près des « convalescents » leur cure, avec ses moments d’amitié mais aussi et surtout, les périodes difficiles de manque, d’isolement, de rivalité et de désespoir.

Il existe une suite à ce roman exceptionnel, Mon ami Léonard, que je veux absolument lire.

En sept mots : je suis fan absolue de James Frey !