
Voici un roman que je n'aurais jamais lu si on ne me l'avait pas prêté: auteur allemand, cadre du roman en Suède, au XVIIème siècle, sans grand intérêt pour moi. Mais il suffit qu'un écrivain soit vraiment talentueux pour nous prendre à son jeu. Cette histoire d'usurpation d'identité ne m'a pas immédiatement convaincue: toujours ce cadre historique qui ne me bottait pas vraiment et un style un peu désuet qui ne m'emballait pas plus que ça. Mais la magie a opéré, surtout quand le "voleur de vie" doit s'enfuir et quitter le cocon qu'il s'est constitué.
J'ai découvert Léo Perutz et malgré un début de lecture difficile, j'ai finalement été conquise, à la fois par sa plume et le machiavélisme qui se dégage.
Ce qui est formidable, c'est que je vais pouvoir relire Perutz car on m'a offert Le Judas de Léonard.
mardi 27 mai 2008
Le cavalier suédois-Léo PERUTZ
Publié par Sophie à l'adresse 04:35 0 commentaires
Libellés : Europe non francophone (Scandinavie)
jeudi 22 mai 2008
L'art de la joie-Goliarda SAPIENZA

Modesta est née le 1er janvier 1900 en Sicile, de père inconnu. Elle a une soeur, mongolienne, qui prend toute l'affection de leur mère. Elle se retrouve bientôt sans famille et est placée dans un couvent où elle devient la préférée de soeur Léonora. Celle-ci décède alors que Modesta n'est qu'une adolescente et la nouvelle mère supérieure l'expédie dans une riche famille sicilienne où Modesta va rester et y faire son apprentissage de la vie, à sa manière.
A sa manière, c'est-à-dire de façon très libertaire:d'abord elle épouse l'héritier de la famille malgré sa différence. La voilà riche et même princesse, libre, avec une volonté farouche de s'instruire et vivre comme elle l'entend. Alors elle va faire un enfant illégitime, connaître des expériences sexuelles variées, mais souvent féminines,être accusée pendant la Seconde guerre mondiale de sympathiser avec les communistes puis finir sa vie paisiblement, entourée de sa famille.
Ce roman est un pavé, 800 pages en version poche, mais il se lit assez vite car la vie de cette Modesta est particulièrement bien remplie. D'ailleurs il débute sur les chapeaux de roue, avec quelques scènes plutôt chaudes. On comprend donc rapidement que l'héroïne ne va pas s'en laisser conter.
Je me suis littéralement laissé prendre au jeu pendant la première moitié du livre, malgré quelques passages difficiles à cerner. La 2ème partie, sans être ennuyeuse, connaissait plus de longueurs qui,à mon avis, n'avaient pas lieu d'être. J'ai eu comme l'impression que Goliarda Sapienza voulait aborder trop de sujets: histoire, psychanalyse, politique, relations intimes, par le biais de longs dialogues tombant un peu comme un cheveu sur la soupe et entraînant une espèce de fouillis, du moins pour moi.
Cela dit, ce fut une excellente lecture, à la fois divertissante et enrichissante.
J'ai trouvé très original le fait que l'auteur se nomme, comme un personnage qui, de loin, a côtoyé Modesta dans ce roman et évoque sa mère.
Je vous conseille donc L'art de la Joie, surtout si vous aimez ces grandes fresques familiales qui se déroulent sur plusieurs décennies.
L'ont lu: le Biblioblog,Papillon,Laure.
Merci à Babelio et son initiative "Masse Critique" qui m'a fait découvrir deux beaux ouvrages. Je suis en retard pour le commentaire de L'art de la joie mais il était resté chez mes parents, que je n'ai revus qu'en mai; mais une fois entre mes mains, je me suis empressée de me plonger dans ce roman.
Publié par Sophie à l'adresse 20:29 4 commentaires
Libellés : Europe non francophone (Europe du Sud)
samedi 26 avril 2008
Allons voir ailleurs...
...si le climat est aussi doux en métropole!
Demain, je serai dans l'avion pour une bonne vingtaine d'heures de trajet, direction la métropole où je serai jusqu'au 16 mai.
Au programme, visite à la famille et aux amis en Bourgogne et en Lorraine et peut-être une escapade en amoureux.
Je vais aussi m'acheter des vêtements, des livres (forcément), des trucs qui ne servent à rien, et on va tenter de se reposer entre deux invitations à dîner ou à l'apéritif.
Je viendrai peut-être alimenter un peu ce blog car j'aurai accès de temps en temps à internet. Vous verrez bien!
En attendant, je vous dis à bientôt.
Publié par Sophie à l'adresse 01:13 9 commentaires
Libellés : Le tout et le rien
vendredi 25 avril 2008
Petite fabrique des rêves et des réalités-hilippe CLAUDEL

Ici sur mon île, les cinémas ne passent pas Il y a longtemps que je t'aime, le film de Philippe Claudel; en tout cas, pas pour le moment. Comme il n'y a ni kung-fu ni explosions à tous les étages (enfin, c'est ce que j'ai cru comprendre!)dans ce film, ce n'est pas très vendeur à Tahiti et il n'est aps dit qu'il arrive jusqu'ici, même dans 3 mois (j'exagère mais pas tant que ça). Alors je me suis consolée comme j'ai pu en m'offrant ce livre. Il est composé de 2 parties:
-la première est un abécédaire dans lequel Philippe Claudel expose la genèse de son film, ses questionnements, les tenants et les aboutissants. Il y parle donc technique mais aussi soulève des aspects plus personnels: pourquoi, par exemple, il a choisi Nancy pour cadre à son film.
Et il se demande aussi s'il va encore écrire après avoir tourné...Une bien mauvaise pensée qu'a eue Monsieur Claudel, qu'il a, j'espère, oubliée depuis!
-le scénario du film, non remanié; il n'est donc, apparemment, pas tout à fait fidèle au film car des changements ont eu lieu au fil du tournage.
Si on aime Claudel, on aime ce livre; si on a vu son film ou qu'on souhaite le voir, c'est très intéressant à lire. Si ce n'est pas le cas, il ne sert à rien d'entamer cette lecture. Moi, j'ai aimé lire le scénario et m'imaginer les scènes, avec Nancy en fond, ville que je connais bien. Et j'ai aimé lire l'abécédaire, que j'ai lu dans l'ordre mais rien ne nous y oblige, car il m'a permis de découvrir des facettes cachées de Philippe Claudel et des secrets de tournage.
Sinon, l'atmosphère qui se dégage est semblable à celle de ses autres romans, c'est-à-dire lourde, pleine de nostalgie. Ca me plaît, alors que je n'ai pas vraiment tendance, dans la vie, à être triste ou nostalgique, ni à lire de tels ouvrages. Exception pour Philippe Claudel, qui, je ne saurais dire pourquoi exactement, me fascine et me "bouffe" quand je le lis.
Publié par Sophie à l'adresse 04:24 7 commentaires
Libellés : Documents, Domaine francophone
mardi 22 avril 2008
La cité des anges déchus-John BERENDT
Fin janvier 1996, c'est l'incendie de la Fenice, le célèbre théâtre vénitien. Pure coïncidence, c'est à cette période que John Berendt décide de venir passer quelques mois dans la Cité des Doges.
Ces mois passés sur place vont être l'occasion pour Berendt (journaliste et auteur du livre Minuit dans le jardin du bien et du mal, adapté au cinéma)de côtoyer les Vénitiens: les "vrais", issus de familles nobles, de doges, de verriers et les Vénitiens d'adoption, anglophones pour la plupart. Il va sentir Venise, la découvrir sans les touristes et suivre de près l'enquête de l'incendie: accident? incendie volontaire? si oui, qui en est à l'origine: la Mafia? des électriciens qui travaillaient à la rénovation?
J'ai lu lentement ce livre, car il est relativement épais mais surtout très dense, sans être non plus difficile à lire. J'ai été passionnée, moi qui n'ai jamais mis les pieds à Venise. J'avais envie de découvrir cette ville unique, maintenant j'en ai très envie!
Berendt nous plonge dans les méandres de cette cité, évoquant la mentalité particulière des Vénitiens, faisant de nombreuses références à l'art et l'histoire de la ville.
Un livre passionnant, à condition d'être intéressé par Venise et l'histoire de l'art. Sinon je doute qu'il puisse passionner le lecteur.
Publié par Sophie à l'adresse 08:56 4 commentaires
Libellés : Amérique du Nord, Documents
mardi 15 avril 2008
L'infortunée-Wesley STACE

Nous voici à Londres, en 1820. Un nouveau-né abandonné dans une décharge est recueilli par lord Loveall, un des hommes les plus riches d'Angleterre. Voilà la vie de la petite Rose sauvée: elle qui était destinée à mourir au milieu des poubelles est, du jour au lendemain, élevée comme une princesse et choyée par son père adoptif.
Il y a seulement un petit problème: Rose n'est pas une fille...
Les lecteurs qui aiment Sarah Waters, et même Jane Austen et tous ces romans de l'époque victorienne aimeront forcément L'infortunée. J'ai retrouvé le style de Du bout des doigts de Sarah Waters et l'histoire m'a beaucoup fait penser à Middlesex de Jeffrey Eugenides.
C'est Rose elle-même qui raconte son histoire, pour comprendre, exorciser et savoir qui elle/il est au final.
C'est un roman épais, dense car les personnages y sont nombreux, les rebondissements également; en effet, on suit Rose de son enfance à sa vie d'adulte, dans les découvertes de son corps, de son identité, dans ses errances qui l'aideront à se construire.
J'ai énormément aimé ce roman que j'ai quitté presque à regret. Mais j'ai noté le dernier roman de Wesley Stace, Garçon, dans ma liste de livres à acheter!
Publié par Sophie à l'adresse 21:41 18 commentaires
Libellés : Europe non francophone (Royaume-Uni)
dimanche 13 avril 2008
Le jeu du plagiat
Il se peut que j'y participe...
Allez voir chez Zag, vous pourrez vous prendre pour Lou Doillon le temps d'une interview. Et vous pourrez aussi lire ses billets; je vous conseille ceux où Zag parle de sa chef Pascale, très drôles!
(cliquez sur le lien "Zag" en rouge pour aller jeter un oeil)
Publié par Sophie à l'adresse 00:10 0 commentaires
Libellés : Le tout et le rien