jeudi 6 janvier 2011

Autobiographie de mon père-Pierre PACHET



Livre acheté en solde, j'en ai beaucoup aimé la couverture.

L'auteur retrace la vie de son père, Russe de confession juive qui a fui son pays au début du 20ème siècle pour la France. Plus que retracer, il se met en fait à la place du paternel, supposant ce qu'aurait eu à raconter ce dernier et utilisant un style sans doute convenant à sa personne; et, détail important, c'est le "je" qui est utilisé, soulignant bien la volonté d'écrire une autobiographie inventée plus qu'une biographie.

Y sont évoqués, l'enfance dans la campagne russe, Odessa, l'exil en France, les études de médecine, la guerre, le mariage, les enfants, la fin de vie et la maladie. Car au moment de l'écriture de cette (auto)biographie, le père de l'écrivain a du mal à se déplacer et est conscient qu'il lui reste peu de temps. Alors il se plaint, n'acceptant pas la déchéance.

Dans ces quelques pages, à peine 200, on découvre un homme volontaire à la vie difficile mais aussi un homme exigeant envers lui-même et ses proches, sans concession, généralement désagréable. Cependant, il force l'admiration par son courage et ses connaissances. Connaissances qui, je l'avoue m'ont parfois échappé, tout comme quelques passages aux tournures littéraires obscures pour moi, pauvre mortelle. Car j'avoue m'être sentie niaise à certains moments, lorsque j'avais du mal à percevoir le sens d'une phrase, à cause d'une plume absconse ou d'une référence inconnue. Heureusement, la majorité m'a convaincue et des pages de récit m'ont passionnée, appelant à une réelle réflexion, un questionnement sur l'Histoire et ses conséquences.

mercredi 5 janvier 2011

Le corps a ses raisons-Thérèse BERTHERAT



Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas d'un roman mais d'un essai ou plutôt d'un manuel sur le bien-être, voire le mieux-être. Je ne lis habituellement pas ce genre d'ouvrages mais c'est une amie qui me l'a offert, en me précisant que ce livre avait changé pas mal de choses pour elle et qu'elle le relit régulièrement. L'ayant pioché au hasard dans ma PAL, je me suis plongée dedans, perplexe au départ et puis finalement intéressée, même si j'avoue ne pas avoir pris le temps d'essayer les exercices.

Thérèse Bertherat est kinésithérapeute de formation mais, rapidement, elle s'est détournée de cette formation pour mettre en place une technique, plus douce que des exercices imposés: l'anti-gymnastique.
Le principe: sentir son corps, faire des mouvements très doux sans souffrir ni faire de mal à ce corps pour se détendre mais aussi se muscler.

Dans ce livre, Thérèse Bertherat nous fait part de son expérience, expose ses théories et explique quelques exercices relativement simples à reproduire seul, chez soi.
Au final, sans être conquise j'ai été intéressée. Ayant quelques notions de relaxation, j'ai pu comparer et peut-être mieux percevoir le pourquoi du comment des exercices: la manière de les reproduire et leurs effets. Mais dans l'ensemble, si on est sensibilisé à la problématique corporelle, l'ensemble de l'ouvrage est à découvrir.
Il y a donc des chances pour que je pioche de temps en temps dans la liste de mouvements mais pour le moment, je garde ma Wii!

mardi 4 janvier 2011

Le coeur éclaté-Michel TREMBLAY


Il y a un peu plus d'un an, je vous présentais Le coeur découvert, premier volet de cette histoire d'amour entre deux hommes, dans les rues de Montreal.
Le coeur éclaté nous fait retrouver Jean-Marc, sans Mathieu, qui l'a quitté récemment. Une rupture étant généralement douloureuse, Jean-Marc a du mal à s'en remettre, et pense d'ailleurs qu'il ne s'en remettra pas. L'affection de ses voisines ne suffisant pas à faire passer ce chagrin d'amour, Jean-Marc prend la décision de partir quelques semaines à Key West. Il y logera chez un couple d'homosexuels fêtards qui vont tenter, souvent maladroitement, de lui remonter le moral.

On retrouve le même style que dans le premier volume, à peu près le même ton également mais un brin plus triste: c'est bien normal puisqu'on découvre un Jean-Marc au 36ème dessous, qui, en plus, prend l'avion pour Key West plein de culpabilité envers son ex petit ami qui se meurt à l'hôpital du sida.
Jean-Marc est vraiment un personnage attachant, pas toujours compréhensible mais que le lecteur souhaiterait voir heureux. Et il m'est avis qu'il le sera à nouveau, une fois qu'il aura accepté la fin de son histoire et pris une lourde décision.

Je suis donc pour le moment une inconditionnelle de Michel Tremblay: j'aime lire ce qu'il me raconte, la façon dont il le narre avec les expressions québécoises, sa pudeur qui ne l'empêche pas d'évoquer des sujets qui dérangent.

Une nouvelle année, encore une!


Et voilà, une nouvelle année se profile. Je vous la souhaite parfaite, remplie d'amour, de rire, d'argent, de santé et forcément, d'excellents moments de lecture.

Pour ma part, l'année 2010 fut un bon cru côté voyages: Philippines, Vietnam, Hong Kong, Japon, Saint-Martin, métropole, San Francisco et deux escapades dans les îles polynésiennes.

Ce fut un bon cru également côté rencontres.

Côté lecture enfin, j'ai lu 53 livres (en ai chroniqué moins de 10...) en entier, et en ai abandonné 4, ce qui est beaucoup pour moi qui persiste à terminer des lectures. Mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

J'ai terminé l'année avec une relecture: Les chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin. Logique quand on est en vacances à San Francisco.
Je suis maintenant de retour au bercail et la vie normale va reprendre peu à peu.

lundi 13 décembre 2010

D'autres vies que la mienne-Emmanuel CARRERE


C'est rare, très très rare même qu'un livre me fasse pleurer, mais là, je n'ai pu m'en empêcher. Certes, je suis sensible au talent d'écrivain d'Emmanuel Carrère mais aucun de ses autres ouvrages que j'ai lus ne m'avait fait autant d'effet.

Ce livre est autobiographique, il débute lors du tsunami, alors qu'Emmanuel Carrère et sa famille est en vacances en Asie avec un couple d'amis. Il vit donc la tragédie en direct et perdra des amis. Sa vie change, sa vision des choses également. D'autant plus que peu de temps après, il apprend que sa jeune soeur est atteinte d'une maladie incurable et décède rapidement.

Rien de réjouissant dans cet ouvrage magnifiquement bien écrit, tout en pudeur, pas larmoyant mais qui m'a énormément touchée, je ne saurais dire exactement pourquoi. Le talent d'Emmanuel Carrère qui, bien qu'il puisse paraître pédant (c'est ce qu'on lui a reproché avec son Roman russe) y est pour quelque chose;le sujet également. Et sans doute, la petite étincelle supplémentaire qui bouleverse, qui me bouleverse.

vendredi 12 novembre 2010

Le journal d'Aurélie Laflamme, tome 1-India DESJARDINS


Aurélie Laflamme, c'est une adolescente québecoise de 14 ans aux préoccupations d'adolescente: ses copines ou plutôt sa meilleure amie, le collège, les garçons même si elle s'en défend; mais il y a aussi sa mère qui peut-être sort avec le principal du collège et son père, décédé brutalement quelques années auparavant et qui lui manque.
Rien de bien original sous la neige du Québec mais je pense qu'Aurélie Laflamme est une jeune fille normale dans laquelle la plupart des ados et pré-adolescentes peuvent se reconnaître.
Le livre-objet est très sympathique: avec un élastique comme pour les journaux intimes, des paillettes et des brillants sur la couverture, des dessins à chaque changement de mois.
Alors certes, mon âge canonique m'interdit de me reconnaître dans ce personnage mais ne m'empêche pas de me rappeler de me souvenir de mon adolescence.

Une jolie lecture jeunesse que je prêterai volontiers à des lectrices de l'âge d'Aurélie Laflamme.

Merci aux éditions Michel Lafond de m'avoir envoyé ce livre.

vendredi 5 novembre 2010

Le plus bel âge-Joanna SMITH RAKOFF

J’ai mis du temps à lire ce roman: déjà parce que c’est un bon pavé de 600 et quelques pages mais aussi parce qu’il m’a fallu entrer dans l’histoire, connaître les différents personnages et ça n’a pas été chose facile.

L’histoire débute en 1998 lors du mariage de Lil avec un jeune homme prétentieux. Tous les meilleurs amis de Lil sont là : Dave, Beth, Sadie, Tal, Emily. Eux, les gosses de riches bobos et qui se veulent intello anti-conformistes ne comprennent pas bien le choix très traditionnel de leur amie Lil, qui se marie à la manière des bourgeois qu’ils veulent détester mais dont ils font partie.

Mais les années passent, chacun fait sa vie comme il le peut : Tal connaît le succès en tant qu’acteur tandis que la carrière de comédienne d’Emily ne décolle pas ; Sadie hésite entre plusieurs hommes, Dave fait de la musique…

Les mariages, les enfants, l’appartement à New York, le divorce, finalement, ils n’y coupent pas : leur vie est aussi banale que celle de Monsieur tout-le-monde. Certains s’en accommodent et réussissent même à être heureux, d’autres n’y arrivent pas. Mais chacun fait son chemin, les amis se perdent de vue pour se retrouver dans des circonstances pas toujours agréables.

Ce roman est très actuel, à la sauce bobo, surfant sur la vague « New York et le 11 septembre ». Il se lit finalement plutôt bien et certains personnages deviennent attachants ; pour moi, ce furent Emily et Beth qui me plurent le plus. Mais les 200 premières pages ne m’ont pas passionnée. En effet, j’étais un peu perdue entre les différents protagonistes qui, je trouve, se ressemblaient tous : arrogants, prétentieux, gosses de riches, méprisant les autres. Mais leurs vies qui s’effondrent et le réel démarrage de l’histoire ont retenu toute mon attention et j’ai poursuivi ma lecture avec intérêt.

Au final, ce n’est pas une lecture inoubliable car plutôt banale : Joann Smith-Rakoff ne possède à mon sens, pas d’immenses qualités littéraires ni d’originalité mais je suis assez contente de l’avoir découverte. Un joli coup d’essai, malgré ses défauts, qui aurait toutefois supporté d’avoir moins de pages et de parenthèses, le lecteur n’ayant pas forcément besoin d’explications aux divers sous-entendus, il n’est pas complètement crétin.

En tout cas, merci une fois de plus à l’opération Masse Critique de Babelio, ainsi qu'aux Presses de la Cité.