dimanche 3 février 2008

Touriste de bananes-Georges SIMENON


Oscar Donadieu est un jeune homme dont la riche famille a connu de tragiques évènements (racontés dans d'autres romans de Simenon, notamment Le testament Donadieu, que je n'ai pas lu). Il décide alors de fuir La Rochelle, siège de la tragédie et de partir à Tahiti où, croit-il il vivra loin du monde civilisé, en étant proche de la nature, sans contraintes sociales ni matérielles.Manque de bol,à Papeete comme ailleurs il y a des Blancs qui viennent de métropole, avec leurs problèmes, leur agressivité, leur bêtise et leur complexe de supériorité. Oscar ne s'intègre pas, il est moqué, et en est blessé tout en passant outre.
Finalement, il s'installe dans une cabane, au fin fond de la montagne pendant quelque temps, sans être heureux pour autant. Il revient alors de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps à Papeete...

C'est le deuxième roman de Georges Simenon, que je lis après L'ours en peluche. Ce ne sont pas des polars puisqu'il n'y a pas d'enquête mais, dans les deux cas, le dénouement tragique a lieu dans les derniers lignes du livre, et moi, j'aime ça, quand la tension monte au fur et à mesure de la lecture, que je sens bien qu'il va se passer quelque chose de terrible, sans savoir quoi, ni comment.
Comme pour L'Ours en peluche, Simenon brosse le portrait de gens aisés qui en cotoyent de moins fortunés et dont les destins vont se croiser. L'ambiance me rappelle les films de Claude Chabrol que j'aime beaucoup.
Plus particulièrement dans Touriste de bananes, j'ai aimé connaître le Tahiti des années 30, car le roman a été écrit en 1938. Après recherche sur internet,j'ai appris que Simenon est passé par Tahiti lors d'un tour du monde; effectivement, on sent qu'il n'a rien inventé. Il parle de Tahiti non pas comme d'un paradis, malgré le climat et les paysages, mais plutôt comme d'une espèce de gigantesque lupanar dans lequel se vautrent les fonctionnaires métropolitains qui méprisent les autochtones, et prennent du plaisir avec les Tahitiennes.
Bref, rien de bien réjouissant, mais je veux bien croire à cette réalité, tout en espérant, qu'au même moment, une version plus optimiste et paradisiaque coexistait.

C'était donc mon deuxième Simenon et je continuerai à en lire de temps en temps; j'ai le choix puisqu'il a été plus que prolifique, mais je serais tentée par Le Chat.

5 commentaires:

Michel a dit…

Le charme discret d'un Simenon. De temps en temps, pourquoi pas

Alors tes impressions sur Tahiti des années 30 ?

Karine a dit…

Je n'ai jamais lu l'auteur. Un jour, peut-être! Au fait, as-tu reçu mon dernier mail??

Bonne journée!

kathel a dit…

J'ai lu des romans de Simenon, il y a fort longtemps, mais pas celui-ci ! C'est plutôt des paysages parisiens ou les brumes des Flandres qui me reviennent à l'esprit. Celui-ci doit être assez atypique, je pense...

Sophie a dit…

Michel: mes impressions sur Tahiti; et bien, Simenon n'a pas vraiment des meilleurs côtés.

Karine: non je ne l'ai pas reçu!

Kathel: effectivement ça change! Dans L'ours en peluche, nous étions en plein Paris bourgeois et mes souvenirs de Maigret à la télé sont effectivement des souvenirs de paysages gris et urbains.

Choupynette a dit…

Hum Me voilà diablement tentée! le croiras-tu, je n'ai jamais lu Simenon!