lundi 1 septembre 2008

La fausse veuve-Florence BEN SADOUN


Un roman "autofiction" comme on appelle ce genre de livres. La narratrice, en 107 pages, survole la relation qu'elle a eue avec un homme victime d'un accident cérébral et condamné, par le locked-in-syndrom, à ne plus bouger excepté un oeil grâce auquel il communique encore. Cet homme, c'est Jean-Dominique Bauby, qui fut rédacteur en chef d'ELLE et qui a raconté sa fin de vie en dictant Le scaphandre et le papillon. Livre adapté récemment au cinéma avec Mathieu Amalric dans le rôle principal.
Et cette femme, c'est la maîtresse de Bauby, pour laquelle il a quitté femme et enfants quelques mois avant l'accident.
Dans ce livre, elle s'adresse à son amant, 10 ans après le décès, tantôt en le tutoyant, tantôt en le vouvoyant. Elle raconte, un peu son enfance, les visites à l'hôpital, l'injustice ressentie à n'être considérée que comme la 2ème femme, la maîtresse, la méchante.

Comme je l'ai écrit, tout est survolé, et c'est un peu dommage. On a ainsi plutôt une impression de rancoeur tenace, de règlements de compte à OK Corral plutôt que d'une histoire d'amour qui s'est mal terminée et dont la narratrice a mis 10 ans à se remettre.

Le talent d'écrivain de Florence Ben Sadoun est indéniable; l'ensemble est sans concessions, direct mais sec et la brièveté du tout m'a un peu laissée sur la touche.
Cette alternance tu/vous ne m'a ni dérangée ni désarçonnée mais j'aurais aimé en connaître la raison exacte, si ces changements étaient aléatoires ou réfléchis,car il m'a parfois été compliqué d'en comprendre le mécanisme.

J'ai eu le même ressenti que beaucoup de lecteurs-bloggeurs, à savoir qu'étaler sa vie privée, sous couvert d'un "roman" a toujours tendance à me gêner.

N'empêche que, finalement, j'ai apprécié ce livre, peut-être parce que j'ai lu et vu Le scaphandre et le papillon (ce qui ferait bondir Florence Ben Sadoun, elle qui s'insurge contre ce film, bien qu'il ne soit jamais nommé).Un premier roman qui donne à penser que le prochain, s'il est moins autobiographique, pourrait être de grande qualité.

Merci aux éditions Denoël et à Chez les filles.

Ont été gâtées également: Lisa,Amanda, Joelle, Valdebaz et d'autres.

12 commentaires:

amanda a dit…

il me semble qu'en alternant le tu et le vous elle fait référence au vouvoyement qu'ils utilisaient en public et au tutoiement en privé. C'est du moins ainsi que je l'ai compris... je crois que les avis sont très divisés sur ce romna :)

Karine a dit…

J'imagine que, comme moi, le sujet devait t'intéresser! J'ai beaucoup aimé "Le scaphandre et le papillon" quand j'étais aux études mais je ne sais pas si je lirai celui-ci... plus ça va, plus je me dis que non.

sybilline a dit…

J'ai eu la même impression qu'Amanda au sujet de l'altenance du vouvoiement (demandé par l'amant) et le tutoiement (interne). Comme beaucoup d'autres, j'ai été fort dérangée par l'égocentrisme de la narratrice, et ce côté revendicateur qui, 10 ans plus tard, se poursuit toujours!

Sophie a dit…

Amanda et Sybilline: je suis d'accord avec vous mais je n'ai pas réussi à trancher; j'ai eu l'impression qu'elle utilisait indifféremment les 2. Je n'ai pas saisi les moments d'intimité vs. les moments en public.

Karine: Le scapahandre et le papillon a un côté documentaire intéressant, pas celui-là.

Vanillabricot a dit…

Je viens de recevoir le mien.
Autant dire que je ne le lis pas sans apriori vu le nombre de critiques que j'ai pu lire sur la blogoshpère!
Mais comme il y en a autant de positives que de négatives, ça me laisse une certaine liberté dans l'appréhension du livre.

par contre, je suis assez fatiguée de ce coup marketing et je suis presque désolée d'y participer!

Sophie a dit…

Vanillabricot: je n'ai pas lu les critiques avant de le lire, ou en diagonlae, je crois que ça a été positif pour moi.
Pour le coup marketing, ça ne me dérange pas vraiment, je vois le positif du livre gratuit; écrire une critique ne me dérange pas, mais je comprends que ça puisse déranger car sur beuacoup de blogs, on parle de ce livre.

Joelle a dit…

Je ne sais pas si le fait d'avoir lu "Le scaphandre et le papillon" aurait pu modifier la perception de cette lecture ! Mais je pense que le côté "documentaire" m'aurait quand même manqué dans le roman de Ben Sadoun.

Sophie a dit…

Joelle: j crois que si on a lu et vu Le scaphandre..., la perception de ce livre ne peut qu'en être modifiée. J'ai peut-être été moins critique grâce à cela.

sylvie a dit…

même gêne devant la publication de ce livre et questionnements identiques sur l'appellation de roman... malgré tout, j'ai lu ce récit avec interêt... nos ressentis par rapport à ce livre se ressemblent .

BlueGrey a dit…

Comme beaucoup, j'ai trouvé ce récit très égocentré, trop plein d'amertume, de rancoeur et d'aigreur... Et je n'ai pas adhéré non plus au style de l'auteur. Bref, je suis passée "à côté" !

Sophie a dit…

Sylvie:effectivement nous avonseu le même ressenti: à la fois de l'intérêt mêlé à de la gêne malsaine.

Bluegrey:je croi que, finalement pas mal de personnes sont passées à côté à cause de ce réglement de compte permanent qui ôte une bonne partie de la sensibilité à ce récit.

Katell a dit…

Je ferai donc l'impasse ;-)