vendredi 11 avril 2008

Nullarbor-David FAUQUEMBERG


David Fauquemberg est Français et un jour, il a décidé d'abandonner son travail de professeur de philosophie pour partir en Australie, à la rencontre, semble-t-il,des Aborigènes.
Ce livre retrace ses "aventures" à Nullarbor, route désertique reliant Adélaïde (sud du pays) à Perth, au sud-ouest, qu'il a faite en auto-stop, logeant dans des auberges de jeunesse miteuses. Il évoque notamment sa rencontre avec un couple d'Italiens, l'attente interminable au bord de la route d'un conducteur qui voudrait bien le prendre. Mais aussi David Fauquemberg nous parle, dans le détail pour une fois, d'une expérience professionnelle qui l'a marqué: la pêche, travail au noir, avec des brutes épaisses. Il ne nous épargne rien.
Enfin, le récit laisse une bonne part à sa rencontre avec des Aborigènes chez qui il vivra quelque temps avant de repartir pour une autre destination.

J'attendais beaucoup de ce récit, moi qui adore l'Australie; mais quelle déception! Mon cher et tendre m'avait prévenu par un laconique "c'est nul". Je n'irai pas jusque là mais j'avoue être restée sur ma fin.
A aucun moment Fauquemberg ne plante le décor; on ne sait donc pas pourquoi il a choisi l'Australie et pas un autre pays, s'il y est parti sans le sou ou avec un pécule. Apparemment, il avait l'air plutôt fauché comme les blés mais voilà, on ne sait pas ce qui s'est passé: a-t-il dilapidé ses économies? A-t-il choisi, délibérément, de galérer? Pourquoi se retrouve-t-il sur un bateau de pêche alors que, manifestement, il aurait pu trouver un boulot moins repoussant (car les détails sont glauquissimes et trop nombreux à mon goût)?
On ne connaît pas non plus la durée de son périple, s'il s'est lancé à l'aventure ou s'il avait prévu un voyage strict. Bref, on ne sait RIEN!
On devine vaguement que sa rencontre avec les Aborigènes lui a été bénéfique et qu'il en a tiré quelque chose, mais quoi, on ne sait pas. Et de toute façon, ce ne sont que des suppositions de ma part car à aucun moment, Fauquemberg ne dit clairement et ouvertement que cela l'a marqué. D'ailleurs, il n'évoque que de façon très évasive la culture aborigène, ce qui la rend obscur pour un non-initié et pas assez détaillée pourquelqu'un qui s'y intéresse.

Côté style, sans être un écrivain de génie, il possède une plume intéressante, mais utilise du langage familier mélangé à un style plus soutenu qui m'a semblé parfois incongru.

Bref, en conclusion: Nullarbor est une succession de lamentations et l'Australie est un pays où il ne faut surtout pas aller. Pas très constructif tout ça alors qu'en ajoutant les éléments manquants dont j'ai parlé, ce récit aurait, à mon avis, été passionnant.
Dommage...

9 commentaires:

Joelle a dit…

A éviter comme la peste donc ! C'est dommage, cela promettait bien !

Sophie a dit…

Peut-être pas comme la peste mais je doute que ce récit t'intéresse, effectivement.

Karine a dit…

Le livre porte bien son nom, donc! Je vais donc éviter! Ma LAL te remercie!

Anonyme a dit…

Passer totalement à côté d'un livre est chose facile, en comprendre toutes les subtilités, est, sans aucun doute, plus ardu. C'est ce que vous avez fait avec votre non-critique, non-lecture qui n'est en fait que l'écho de votre propre incapacité à trouver le talent et la beauté là où elle se trouve... Si vous attendez un compte-rendu minuté, circonstancié et explicatif, avec un condensé de la culture aborigène, prenez le guide du routard, ça sera plus à votre portée.

Sophie a dit…

Anonyme, qui n'a pas le courage de donner son nom: je possède le guide du Routard Australie (ah, non, c'est le Lonely Planet!). Merci beaucoup d'avoir mis en exergue ma bêtise, je n'irai plus en Australie et n dirai jamais plus que je n'ai pas aimé un livre.
La prochain fois, merci de passer votre chemin, ou au moins, de me communiquer votre nom-pseudo, qu'on puisse réellement discuter.

michele a dit…

Et apparemment, être tolérant est chose difficile pour "Anonyme"

Pierre a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pierre a dit…

Un grand merci pour cette critique enrichissante : ce livre aurait été bien si j'avais eu plus d'informations sur les raisons du voyages et si j'avais su ce que la personne en avait tiré. Sous-entendu : livre = Introduction, développement, conclusion + narrateur = auteur !!!! Quel splendide sens littéraire !

Décidément, ce livre est vraiment mauvais, il ne faut pas l'acheter car Sophie n'a compris ni le style de l'auteur (même si sa plume est "intéressante" !), ni les raisons de l'histoire (Ô combien importantes dans un roman !), ni la psychologie de l'écrivain / narrateur (au moins, on comprend ça dans les livres de Françoise Hardy). Qui plus est, ce livre ne faisant pas office de guide de voyage ni de traité ethnologique, n'a aucune valeur littéraire. Euh... je n'aurais pas raté un épisode là ??????

Peut-être votre critique eût-elle dû se limiter à l'expression culturellement élevée de votre ami "C'est nul". Elle en aurait gagné en profondeur. Ou quand l'art devient pour la masse l'objet d'un "ça me plaît / ça ne me plaît pas". Culture de la libre expression quand tu nous tiens !

verdeluna a dit…

Louis :
J'avoue ne pas être du même avis que Sophie. Nullarbor me semble un récit d'une grande densité et originalité. Nous ne savons pas pourquoi Fauquemberg voyage ; mais sommes-nous si nombreux à comprendre pourquoi nous partons à l'autre bout du monde ? Nous ne savons pas ce qu'il en a retiré ; mais n'est-ce pas réducteur de cocher au retour d'un périple une liste de d'objectifs atteints ?

Il me semble que ces omissions participent au ceontraire du charme de ce livre dans lequel l'auteur se laisse happer par le voyage et refuse de le tenir à distance. D'où la puissance de cette scène de pèche et l'intérêt du passage chez les aborygènes. Fauquemberg, au départ du dernier chapitre, nous décrit les méthodes de chasses ancestrales de ces derniers mais c'est pour ensuite nous les montrer dans une file d'attente en quête de subventions du gouvernement. Et de refuser ainsi de tronquer la réalité, d'interpréter à notre place ce qu'il a vu...

Mais c'est dans le style que réside la véritable réussite de ce livre. Je n'avais rien lu de pareil depuis Chatwin.