samedi 22 mars 2008

Les plaines de l'espoir-Alexis WRIGHT


Nous voici en Australie, dans les années 50, chez les Aborigènes. Ivy, petite fille aborigène est un jour arrachée à sa mère. C'est une enfant volée, comme beaucoup d'Aborignèes l'ont été: ceux-ci étaient considérés comme un peuple sauvage, non éduqué et inférieur. Alors, les missionnaires ont jugé préférable de prendre les enfants pour les élever dans leur famille ou en pensionnat. Cela a eu, forcément, des conséquences désastreuses sur ces enfants et leurs parents.

Dans ce roman, la mère d'Ivy se suicide et Ivy est considérée par ses pairs comme une espèce de sorcière qui attire la mort. Elle est peu à peu rejetée, à tel point qu'on ne sait plus quoi faire d'elle. Elle se retrouve enceinte par la faute d'un missionnaire mais au lieu de lui confier son enfant, on l'enferme loin du camp aborigène dans un hôpital psychiatrique. Hôpital où elle restera de très nombreuses années avant de revenir dans le camp de sa mère.

Ce roman raconte l'histoire terrible d'Ivy mais aussi la quête de sa fille qui ne connaît rien de ses origines, et qui va faire tout ce qu'elle peut pour retrouver cette mère inconnue.

Rien qu'en lisant mon court résumé, vous comprenez que ce roman n'est pas gai. Et c'est vrai, comme, je ne le répéterai jamais assez, tous les romans australiens et néo-zélandais que j'ai lus jusqu'à présent. Mais il évoque une période sombre pour les Aborigènes qu'il ne faut pas occulter.

Tout au long de ma lecture, j'ai oscillé entre enthousiasme et perplexité, notamment parce que certains passages sont assez obscurs: un peu trop décousus, peu clairs pour le lecteur qui n'y connaît rien concernant les Aborigènes. Mais, plusieurs semaines après l'avoir lu, je me rends compte que ce roman m'a vraiment marquée, et que j'ai bien l'intention de lire les autres ouvrages traduits d'Alexis Wright.
En effet, ces destins tragiques de femmes m'ont remuée, je me suis attachée à elles même si je n'ai pas toujours compris leurs décisions et parfois leur passivité (je pense notamment à la fille d'Ivy).

Alexis Wright est une des rares Aborigènes qui a réussi et qui peut, de par son succès, revendiquer les droits de son peuple, parler pour eux, en espérant que leur culture ne meurt pas à petit feu. Alcool, inceste, chômage, racisme sont le lot quotidien de ce peuple et Wright fait partie de ces gens qui refusent cela. Alors pour ça, je l'admire et j'espère qu'elle va poursuivre dans cette écriture engagée avec le même talent et la même émotion que pour Les plaines de l'espoir.

14 commentaires:

Karine a dit…

C'est un coin de pays et une histoire que je ne connais pas du tout... je note, ne serait-ce que pour la découverte!

Joelle a dit…

Je le note ... comme toi, je suis très intéressée par le sujet avec tous nos voyages en Australie !

Kathel a dit…

A noter, pour une période où j'aurai envie de roman "sombre" !
Bonne journée !

moustafette a dit…

Je crois que je vais passer...
Moi qui cherchais l'autre jour un livre sur l'Australie à t'envoyer, j'en ai trouvé un peu de temps après t'avoir écrit. J'en parle bientôt.
Bonnes fêtes de Pâques dans les lagons, ici c'est plutôt dans les flaques d'eau !

Sophie a dit…

Moustafette: ah! Ca m'intéresse, je vais donc surveiller ton blog.

Il est vrai que ce roman n'est pas d'une folle gaieté, mais il est beau, donc à lire.

anjelica a dit…

J'ai vu un très beau film il y a quelques années qui parlait des ces enfants aborigènes enlevés, déplacés.

Sophie a dit…

Anjelica: tu ne te souviens pas du titre du film par hasard?

Marie a dit…

Sur la Nouvelle Zélande et l'Australie, il faut lire les romans bourrés de vie de Caryl Féreu, "Haka" et "Utu", et puis son prochain qui devrait sortir ce mois-ci.
Marie.

Sophie a dit…

Marie: j'ai voulu, plusieurs fois, me commander Haka ou Utu mais sur Amaz..., ils sont épuisés; je crois qu'il va m'être difficile de les trouver.

denis a dit…

j'ai acheté aujourd'hui son nouveau livre "Carpentarie"
je ne pense pas être déçu surtout après avoir lu ton billet sur un précédent livre de l'auteur

Sophie a dit…

Denis: je veux m'acheter Carpentarie car c'est vrai qu'Alexis Wright possède une réelle sensibilité et sait de quoi elle parle quand elle évoque les Aborigènes.

denis a dit…

j'ai lu les 50 premières pages du livre Carpentarie et c'est un bonheur de lecture de plonger dans l'univers des aborigènes australiens

Sophie a dit…

Denis: je suis ravie et surtout, tu me donnes envie!

Anis a dit…

J'ai beaucoup aimé ce roman même si la lecture est parfois un peu difficile tellement cette fille est opprimée par tous, tout le temps. Il n'y a pas de happy end, ni d'amour heureux, mais il y a cette voix puissante de femme, Alexis Wright.