lundi 18 janvier 2010

L.A Story-James FREY


J'ai une dizaine de notes en retard mais je m'en fiche, je dois absolument vous parler de ce roman, de ce coup de coeur. C'est le seul roman de la rentrée littéraire qui m'a fait de l'oeil, que j'avais envie de lire: le sujet me plaisait et les quelques critiques que j'avais parcourues étaient dythirambiques. J'ai donc demandé à un copain de me le ramener de son séjour en métropole; parce qu'à Tahiti, il n'est pas dans les bacs...Et quel flair j'ai eu!
Je me suis plongée dans la lecture de ce bon gros pavé assez rapidement et si j'avais pu, j'aurais pris des congés pour ne pas en sortir avant la fin.
Pourtant je ne m'attendais pas à être happée comme je l'ai été.
Ce roman-document est fascinant, le genre d'opus qu'on n'a pas envie de lâcher mais qu'on a aussi envie de faire durer de peur de le finir. Evidemment, je l'ai terminé et un vide est entré dans ma vie, carrément! Que pouvais-je lire après CA? La dernière page tournée, je me suis sentie toute petite; heureusement, ce livre m'appartient, j'ai donc la possibilité de le relire si j'en ai envie (ce que je ne ferai sans doute pas de sitôt).

James Frey alterne un chapitre romancé, dans lequel il évoque un habitant de L.A, avec un autre, souvent court, parfois quelques lignes seulement portant sur l'histoire et l'évolution de la ville. Il a créé des personnages typiques de ceux que l'on peut rencontrer dans la Cité des Anges: une jeune Mexicaine ambitieuse, un couple d'acteurs célèbres mariés et amoureux en public, homosexuels en privés, un clochard à Venice, un jeune couple venu du fond des Etats-Unis, plein d'espoir mais qui va vite déchanter...
Aucun ne se croise mais tous sont emblématiques et réels.

Voilà: ce roman se dévore, il m'a prise aux tripes. Rien n'est oublié, ni les hommes, ni l'histoire, ni aucun aspect concernant la création et l'expansion plutôt démoniaque qu'angélique de cette cité tentaculaire qui attire et rejette à la fois.

Ma vision de Los Angeles s'est modifiée; j'y retournerai avec un autre regard, pas forcément plus positif mais peut-être davantage de curiosité.
Et du coup, je me suis offert un autre livre sur Los Angeles:



Vous l'aurez compris: il ne vous reste plus qu'à vous procurer ce chef-d'oeuvre (oui, pour moi c'en est un!)

dimanche 3 janvier 2010

L'homme, ses bizarres idées du bonheur-David COHEN



Ce livre et cette lecture ont une histoire : son auteur est octogénaire, il a toujours le cerveau en ébullition , plongé dans ses dictionnaires. Son épouse, Christiane, octogénaire également, est une de mes copines d’internet depuis plusieurs années. Ce livre, fourre-tout autobiographique, philosophique et linguistique est la mise en pages d’une série d’entretiens qui ont duré de nombreux mois. Après quelques réticences, David Cohen s’est laissé convaincre de les publier, notamment pour laisser une trace écrite à sa famille. Car c’est un homme au destin hors du commun : né Tunisien Juif non pratiquant, il a passé une enfance misérable mais studieuse. Jeune adulte, il est exilé en Algérie, fait de la Résistance, est arrêté mais s’enfuit. Il est alors toujours aussi misérable et communiste. Il rencontre Christiane, l’épouse, ils ont des enfants ; à force de travail et grâce à la situation professionnelle de Christiane, il devient un éminent linguiste, spécialiste des langues du Moyen-Orient.
Ce document très dense traite de différents domaines qui tiennent à cœur à l’auteur : religions (être croyant ou non, adopter une religion plutôt qu’une autre…), linguistique, Histoire, littérature et poésie…Cela donne un gros bouquin qui ne se lit pas facilement, qui n’intéresse pas le lecteur de bout en bout mais qui interpelle et donne à réfléchir sur ces sujets. Je n’ai par exemple, pas eu envie de lire en détail les passages concernant la religion mais j’ai été passionnée par les chapitres traitant de la linguistique et de la Seconde guerre mondiale au Maghreb.
L’ensemble est parfois désordonné, manquant de fil conducteur mais David Cohen s’en explique dès le début des entretiens : il a tendance à se disperser, il est ainsi, à nous de trouver le fil et de ne pas le perdre. Le tout est finalement éclairant bien que parfois difficile d’accès, on n’est jamais loin de la philosophie.
Un seul bémol : les nombreuses coquilles.

Edit de la part de Christiane, l'épouse de ce monsieur:
Il y a une erreur, compréhensible car pas simple de se retrouver dans ce livre. C’est pendant l’occupation allemande de Tunis 1942/43 que David a été interné pendant quelques mois en camp (de concentration, pas d’extermination) comme tous les hommes juifs. Son activité de résistance à l’époque s’est limitée à la distribution en boite aux lettres de quelques tracts. En Algérie il était journaliste communiste et nous sommes partis en 1950, avant la guerre d’Algérie. D’autre part, et ce n’est pas dit clairement car beaucoup s’y trompent, il y a eu au départ une interview réelle qui a laissé David insatisfait et l’ensemble du livre est une interview imaginaire.

samedi 2 janvier 2010

Au revoir 2009, bonjour 2010

Tout d'abord une excellente année à tous les lecteurs de passage sur ce blog.

Un mois qu'il n'est rien passé ici, je décide donc de débuter cette nouvelle année de manière sérieuse, c'est-à-dire, en postant!La faute au travail, au manque de temps en général et à la flemme qui grandit quand je pense qu'il faut que j'écrive.Et puis mes parents sont avec nous, donc je suis moins disponible, je lis moins. Et nous sommes partis en vacances:

-un week-end par chez moi



-une semaine en Nouvelle-Zélande qui fait que le réveillon de Noël n'a pas existé pour nous mais que nous avons eu droit à deux réveillons de Nouvel An: un en Nouvelle-Zélande, l'autre à Tahiti. Bizarres les conséquences du décalage horaire!



Bref, tout ceci explique en partie cela.

Même si Noël n'a pas vraiment existé, j'ai quand même eu des cadeaux dont un livre,
La vie des saints de la cité de Lidia AMEJKO aux éditions Actes Sud.

Pour terminer, pas de résolution, bonne ou mauvaise pour cette année mais, une fois n'est pas coutume, un petit récapitulatif des lectures de 2009.

En 2009, je n'ai lu que 40 livres, contre 75 en 2008, qui était déjà une année en baisse de régime. MAIS, 2009 fut un très bon cru côté lectures avec de nombreux romans et deux documents qui sont sortis du lot:

-A Mélie sans mélo de Barbara CONSTANTINE;
-Au pays du long nuage blanc de Charles JULIET,
-Le déclin de l'empire Whiting de Richard RUSSO,
-Le koala tueur et autres nouvelles du bush de Kenneth COOK,
-Colloque sentimental de Julie WOLKENSTEIN,
-Je vous promet de revenir, 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum, de Dominique MISSIKA,
-Thérapie de David LODGE,
-Les belles choses que porte le ciel de Dinaw MENGESTU,
-Nauru, l'île dévastée de Luc FOLLIET,
-La cité des jarres d'Arnaldur INDRIDASON,
-Tiare de Célestine HITIURA-VAITE

Des coups de coeur:
-Cendrillon d'Eric REINHARDT,
-Voix endormies de Dulce CHACON,
-Le coeur découvert de Michel TREMBLAY,
-Seul dans Berlin de Hans FALLADA

Et un roman qui m'a fait vibrer davantage encore et dont je dois vous reparler car il restera, c'est certain, dans mes meilleures lectures de ma vie:
-L.A Story de James FREY.


Ce roman est absolument envoûtan; lisez-le!

Vous remarquerez que certains livres n'ont pas de lien, c'est parce qu'ils ne sont pas encore chroniqués puisque j'ai quelques mois de retard...

Pas de challenge, défis ni quoi que ce soit pour moi: cela demande trop d'exigences et diminue mon plaisir de lecture. Je ne garde que le Blogoclub de Sylire même si je suis loin d'être assidue. Il reste peu contraignant et m'intéresse.

mercredi 2 décembre 2009

Lucie Aubrac-Laurent DOUZOU


Tout le monde a au moins entendu parler de Lucie Aubrac, grande résistante qui a réussi à faire libérer son mari des griffes de la Gestapo. Cet ouvrage lui est consacré et c'est le premier du genre.En effet, elle a bien publié quelques livres dans lesquels elle se raconte, le plus connu étant Ils partiront dans l'ivresse, que je possède mais que je n'ai pas lu. Mais aucune biographie n'était encore parue; c'est chose faite et de façon érudite. Les faits sont là, non enjolivés, certains accompagnés d'hypothèses et explications.Car Laurent Douzou, l'auteur, n'est pas romancier mais historien; son travail est donc d'exposer des évènements et non de raconter; le style n'est donc pas une priorité même si celui-ci est travaillé. Douzou a rencontré Lucie Aubrac, est spécialiste de la Résistance, il connaissait donc bien le sujet.
Cela donne un livre parfaitement historique, très documenté, réservé à des lecteurs qui possèdent quelques bases concernant le Seconde guerre mondiale, sous peine d'être perdus.
C'est au final très intéressant , notamment parce que Lucie Aubrac n'y est pas particulièrement adulée. Elle est présentée comme une femme courageuse et hors du commun, déterminée, engagée mais aussi comme une femme possédant des zones d'ombre, des failles. C'est ce que je retiens principalement de cette lecture, au-delà de l'Histoire.

Un ouvrage à lire si vous aimez les biographies historiques bien documentées.


Un grand merci à Guillaume et les éditions Perrin pour ce cadeau.

mardi 17 novembre 2009

Le koala tueur et autres nouvelles du bush-Kenneth COOK


Il est bien dommage que Kenneth Cook car j'aurais bien encore profité de ses livres; certes il m'en reste à découvrir, mais la source va forcément se tarir rapidement. Ce recueil de nouvelles était donc mon premier essai, essai concluant.

Les personnages de ces nouvelles sont de bons Australiens du bush,des vrais, des durs, de ceux qui se désaltèrent à coups de bière et vous tapent dans le dos au comptoir d'un pub.Tous plus timbrés les uns que les autres, ils ont tendance à noyer leur ennui dans l'alcool.
Les animaux ne sont pas beaucoup mieux: retors, malades, c'est plutôt leur côté obscur qui ressort.
Le tout est jubilatoire et au final je n'ai de préférence pour aucun récit : de l'éléphant constipé au koala étouffeur, du chercheur d'opale tout rose de poussière au dresseur de serpents qui se fait mordre par eux, tout est cocasse.

Kenneth Cook était conscient de sa "méchanceté", son ironie envers ses compatriotes; d'ailleurs la postface sert d'excuse. N'empêche qu'il y a du vrai dans tout ça.
A relire peut-être pendant un prochain séjour australien.

L'ont lu avant moi: Clarabel,Cathe,Keisha.

jeudi 12 novembre 2009

Colloque sentimental-Julie WOLKENSTEIN



Livre acheté par hasard, en solde. Bien m'en a pris car ce fut une très agréable surprise.

Le décor: l'océan Atlantique, une station balnéaire réputée.

Les personnages:ils sont nombreux, réunis pour quelques jours de conférences.Parmi eux, on trouve:
-une quadragénaire célibataire, Américaine, universitaire spécialiste d'Ann Hellbrown. Elle sort de son pays pour la première fois, autant dire que ce séjour en France relève du pèlerinage,
-une jeune fille qui travaille dans la maison pour payer ses études,
-l'organisateur de ce congrès, tellement beau qu'il ne trouve pas chaussure à son pied...

Le sujet de ces conférences:Ann Hellbrown, une écrivain du XIXème siècle qui habitait dans cette ville et même dans la maison où tous se rassemblent. Elle s'est retirée du monde, se réfugiant au fin fond de l'Angleterre après la mort de son mari. En même temps, elle a pris la décision d'arrêter d'écrire. Les invités présents à ce colloque vont tenter d'élucider le pourquoi du comment. La réponse leur viendra d'une manière assez surprenante; mais surtout, ces quelques jours vont changer le cours de la vie de certains.

Les premières pages n'auguraient, non pas rien de bon, mais rien de spécial, notamment parce qu'il m'était difficile de savoir où tout cela allait me mener. Tout cela, c'est-à-dire les chapitres alternant le "je" d'Ann Hellbrown la femme écrivain et les autres déroulant l'avant et le pendant de la conférence. Petit à petit, tout se met en place, un attachement pour les personnages se crée et l'on se prend au jeu de l'enquête quasi-policière qui rend ce roman particulièrement agréable à lire. Il est à la fois reposant, serein et plein de suspense et d'émotions.

Je vous le recommande donc chaudement.

lundi 2 novembre 2009

L'écume des jours-Boris VIAN

Cette lecture ne me rajeunit pas! En effet, la couverture que j'ai mise ici n'est en fait pas la même que celle que je possède: sur ma version 10/18 que j'aime beaucoup, on voit un magnolia. Impossible de la trouver sur Amazon, trop ancienne sans doute. Car mon bouquin date du collège, pas loin de 20 ans donc puisque c'était une de mes lectures obligatoires, en 3ème ou 2nde. L'aspect est donc vieilli, davantage encore car, vivant sous les tropiques, les livres souffrent. En plus, il y a mon nom en première page et des passages soulignés, en fonction des devoirs qu'on avait à faire!

Rien que pour ça, je suis contente de relire ce roman.

Avant de relire L'écume des jours, je me souvenais de l'histoire globale, ainsi que des mots-valises qui rendent la tragédie de cette histoire d'amour un peu moins injuste. Une nouvelle plongée dans l'univers facile, loufoque et irréel de Colin et ses amis m'a ravivé des souvenirs. Je déguste tous ces jeux de mots: néologismes, mots-valises, figures de style improbables, dont je relis certains. Avec quelques années en plus, je peux aller un peu plus au fond des choses, saisir des sous-entendus, sans penser que j'ai une rédaction ou une fiche de lecture à rendre pour le lendemain.

Bien sûr, l'effet de surprise n'a plus lieu: je me rappelle la fin; n'empêche que je suis bien contente de retrouver cette jeunesse dorée,pas toujours sympathique car au-dessus des réalités mais d'une gentille naïveté.
Pour moi, cependant, L'écume des jours n'est pas un chef-d'oeuvre, mais sans aucun doute, un roman d'avant-garde de par son style, l'histoire d'amour contrariée étant finalement bien banale.

Me reste maintenant à lire d'autres romans de Vian mais je ne possède que celui-ci.



Pour savoir qui a participé ce blogoclub Boris Vian, allez voir chez Sylire.